Femmes
José Manluis 2003 (photographe)
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
OLYMPE DE GOUGES 1748 - 1793
Article IV.
La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison...
Charte mondiale des femmes pour l'humanité
Un défilé aura lieu le 17 juin à Paris du Châtelet à la Bastille,
où une fête est prévue.

Peinture Frédérique Angoulvent
Psychanalyste, Jacques Lacan,
Les écrits techniques, 31 mars 1954 : "...Vous verrez que l'Anlehnungstypus n'est pas moins imaginaire, car fondé aussi sur un renversement d'identification, par identification d'une situation primitive.
Et ce qu'on aime, alors, c'est la femme qui nourrit et l'homme qui protège..."

Dessin Louis Pollet
Jacques Lacan, psychanalyste, Le moi, 8 juin 1955 : "...Or, Lévi-Strauss démontre que, dans la structure de l'alliance, la femme qui définit l'ordre culturel, par opposition à l'ordre naturel, est l'objet d'échange, au même titre que la parole, laquelle est en effet l'objet de l'échange originel. Quels que soient les biens, les qualités et les statuts qui se transmettent par la voie matrilinéaire, quelles que soient les autorités que peut revêtir un ordre dit matriarcal, l'ordre symbolique, dans son fonctionnement initial, est androcentrique. C'est un fait..."
en cours de création
Le web des femmes

Dessin Louis Pollet
Histoire
de la femme dans l'antiquité grecque et romaine :
"
La condition des femmes a varié selon les lieux (Athènes ou Sparte par exemple) et selon les époques. Elles avaient sans doute plus de liberté à l'époque homérique et archaïque qu'à celle de Périclès. Au V° et IV° siècles en effet, elles sont rigoureusement exclues de la vie de la cité et confinées à l'intérieur de la maison. L'idée d'une "nature" différente chez l'homme et la femme permet d'ailleurs de justifier la stricte séparation des rôles et des espaces dévolus à chacun. ( Xénophon , Economique )"
Annuaire femme
Amazone
Esprit
de femme (Charles Melman)
Journée de la femme
Olympe de Gouges : déclaration des droits de la femme
La femme dans le passé : Auguste Bebel (1840 - 1913) :
"...La femme et le travailleur ont tous deux de commun ceci que, de temps immémorial, ils sont des opprimés. Malgré toutes les modifications que l'oppression a subies dans sa forme, elle ne s'en est pas moins maintenue en elle-même. La femme, ainsi que le travailleur, dans le long cours de l'histoire, ne sont que rarement arrivés à la conscience nette de leur servitude - et l'une, à la vérité, plus rarement même que l'autre parce qu'elle était placée plus bas encore que lui, parce qu'elle a été, parce qu'elle est encore considérée et traitée par le travailleur lui-même comme une inférieure. Un esclavage qui dure des centaines de générations finit par devenir une habitude..."
Les éditions Des femmes...
Martin Dufresne "Conjoints agresseurs et et stratégie masculiniste de victimisation" 29 décembre 2002
Lignes en ligne... Publications en ligne proposées par l'association Archives du Féminisme
La liste des 343 Françaises
qui ont le courage
de signer le manifeste "Je me suis fait avorter" (
Des signataires, des femmes du Mouvement de libération des femmes, du Mouvement pour la liberté de l'avortement.
- Cet article a paru dans le Nouvel Observateur n°334 du 5 avril 1971.)
Mars 2005 :
Plusieurs campus déjà en grève générale illimitée
Plus de 70 000 étudiants et étudiantes on déclenché une grève générale illimitée pour protester contre la réforme de l'Aide financière aux études, qui augmente dramatiquement l'endettement étudiant. Les plus touchées par cette réforme sont les femmes. Un article de Vincent Laouche. (Québec)
Jacques Lacan, psychanalyste, Le moi, 8 juin 1955 :
"...La révolte féminine n'est pas une chose qui date d'hier.
Du maître à l'esclave et au rival, il n'y a qu'un pas dialectique - les rapports de maître à esclave sont essentiellement réversibles, et le maître voit très vite s'établir sa dépendance par rapport à son esclave. Nous en sommes de nos jours à une nuance nouvelle grâce à l'introduction des notions psychanalytiques - le mari est devenu l'enfant, et on apprend depuis quelque temps aux femmes à le bien traiter. Dans cette voie, la boucle est bouclée, nous retournons à l'état de nature. Voilà la conception que certains se font de l'intervention propre de la psychanalyse dans ce qu'on appelle les relations humaines, et qui, se propageant par les mass media, apprend aux uns et aux autres comment se comporter pour qu'il y ait la paix à la maison - que la femme joue le rôle de mère, et l'homme celui d'enfant..."
Associations
femmes maltraitées

Peinture Frédérique Angoulvent
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
OLYMPE DE GOUGES 1748 - 1793
Article VI
La Loi doit être l'expression de la volonté générale ; toutes les Citoyennes et Citoyens doivent concourir personnellement ou par leurs représentants, à sa formation ; elle doit être la même pour tous : toutes les Citoyennes et tous les Citoyens, étant égaux à ses yeux, doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents...
Karl Marx "La femme est le prolétaire de l'homme"
AGENA : Association pour
les femmes victimes de violence ou en difficultés. Nous
voulons témoigner et
agir contre la banalisation des violences en privé.
Depuis le 17 janvier 2002, le harcèlement moral a fait son entrée dans le code du travail et le code pénal. Comment se définit-il exactement ? Quelles sont les peines encourues ? Quelles sont les mesures de prévention ? femme victime de violence verbale
femme victime de violence physique
femme victime de violence psychologique
femme victime de violence sexuelle

Peinture Frédérique Angoulvent
Femmes Battues
SOS violences sexuelles (monde)
Le Planning Familial et les Droits de la Femme en Islam
Livres
Erin Pizzez "Crie moins fort, les voisins vont t'entendre"
Des femmes du MLF éditent...
1974 -
Des femmes 2, rue de la Roquette 75011 Paris
"...Un livre sur les femmes battues ; quelle curieuse idée, dira-t-on : D'abord il y a si longtemps que cela dure qu'on se résigne très bien à ce que cela dure éternellement..." Anne-Marie Dardigna "La presse féminine" Fonction idéologie
FM/Petite collection maspero - 1978
"Quatre ans ont passé depuis la publication de Femmes-Femmes sur papier glacé, analyse de la presse féminine publiée en novembre 1974 dans la collection "cahiers libres" : l'Année de la femme, les élections législatives, les luttes des groupes de femmes sur l'avortement, le viol, l'égalité des salaires, le droit au travail... Des ouvrières ont occupé leurs usines et mis en place des ormes de lutte nuvelles, souvent psécifiques. L'idéologies aussi s'adapte, se réorganise. Surtout dans le domaine de la presse dite "féminine", champ privilégié de la manipulation des femmes. Cette manipulation emprunte de nouvelles voies et se fait plus "féministe" que jamais.
L'analyse publiée en 1974 est ici reprise et actualisée. C'est une étude de la presse féminine tout entière qui est proposée : de F. magazine à nous deux."
Gilbert Lascault "Figurées, défigurées" Petit vocabulaire de la féminité représentée.
10 18 - 1977 - Union générale d'édition
"...Ce livre aurait pu figurer dans une collection d'écrits féministes : comme son titre le promet, il s'emploie à dénoncer les multiples défigurations que le phallocentrisme de notre civilisation inflige à la femme quand il en inspire la représentation. Reste que ce livre est écrit par un homme et que, par honnêteté, il se refuse à proposer une stratégie aux femmes en lutte ; il combat pour elles, il ne peut dire leur combat : à elles de le dire, dans leurs propres termes. On souhaite seulement _ ce on n'est pas sexué _ qu'elles entendent son message : un appel à rompre cette logique identitaire propre à l'entendement, mais aussi aux pouvoirs, qui prend prétexte des fonctions pour assigner à chaque sexe une nature et un rôle immuables, à reconnaître, au-delà de la différence, l'ambivalence, la part féminine de la sexualité masculine et la part masculine de la féminité, à aimer enfin que les sexes fassent l'amour...." M. Dufrenne Jacques Lacan, psychanalyste, Les psychoses, 14 mars 1956
"...Quand il a épousé une femme, il s'est arrangé pour que ce soit une femme qui avait déjà un enfant et avec laquelle il n'a pu avoir que des relations insuffisantes. Et le caractère problématique pour lui de la question de son identification symbolique est là ce qui soutient toute compréhension possible de l'observation.
En d'autres termes, tout ce qui est dit, tout ce qui est exprimé, tout ce qui est gestualisé, tout ce qui est manifesté, ne prend son sens qu'en fonction de quelque chose qui est la réponse à formuler sur cette relation fondamentalement symbolique: « Suis-je un homme ou suis-je une femme ? » Vous ne pouvez pas manquer quand je vous expose les choses ainsi, à propos de cette observation, en vous la résumant, de faire le rapprochement avec ce sur quoi j'ai mis l'accent dans le cas de Dora : et à quoi aboutit-elle, si ce n'est à une question fondamentale sur le sujet de son sexe, quand je dis de son sexe, c'est non pas quel sexe elle a, mais « qu'est ce que c'est que d'être femme ? ». Les deux rêves de Dora sont absolument transparents. On ne parle que de cela: « qu'est-ce qu'un organe féminin ? ».
Nous nous trouvons là devant quelque chose de singulier. C'est très exactement que le sujet mâle se trouve dans la même position, à savoir que la femme s'interroge sur ce que
c'est qu'être une femme, de même que le sujet mâle s'interroge sur ce que c'est qu'être une femme.
C'est là que nous reprendrons la prochaine fois. Car ça nous introduira à mettre en valeur des éléments qui sont tout à fait essentiels dans toute compréhension de cette valeur signifiante du symptôme dans la névrose, ce sont les dissymétries que Freud a toujours soulignées dans la relation du complexe d'Œdipe. En d'autres termes, si pour la femme la réalisation de son sexe ne se fait pas dans le complexe d'Œdipe d'une façon symétrique à celle de l'homme, c'est-à-dire non pas par une identification à la mère par rapport à l'objet maternel, mais au contraire par identification à l'objet paternel, comme Freud le souligne, il faut qu'elle fasse, ce qui lui assigne une espèce de détour supplémentaire dont il n'a jamais démordu, quelque chose qu'on a pu aborder depuis du côté des femmes spécialement, pour rétablir cette symétrie, ce n'est pas sans motif, et c'est quelque chose aussi qui confirme cette distinction de l'imaginaire et du symbolique que j'ai reprise aujourd'hui : mais vous le verrez, cette espèce, d'un autre côté, de détour supplémentaire, de désavantage où se trouve la femme dans l'accès à l'identité de son propre sexe, à sa sexualisation comme telle, est quelque chose qui se retourne d'un autre côté dans l'hystérie en un avantage, puisque grâce à cette identification imaginaire au père, qui est pour elle absolument accessible en raison spécialement de sa place, de sa situation dans la compétition de l'œdipe, lui permet d'interroger tout naturellement pour elle dans l'hystérie les choses deviennent excessivement faciles à concevoir et à schématiser ; vous le verrez pour l'homme, précisément dans la mesure où le complexe d'Œdipe, fait d'une certaine façon pour lui permettre de réaliser et d'accéder à ce à quoi il est le plus difficile d'accéder, c'est-à-dire à une virilité effective, justement à cause de cela dans la névrose et dans le détour névrotique pour lui le chemin sera plus complexe."
La religion et les femmes

Pietà - Pietro di Cristoforo Vannucci (Le Pérugin)
Les femmes et
l'Islam ; femme dans l'histoire
Place de la femme dans le judaïsme
La femme et le judaïsme
La femme dans
les religions chrétiennes
Islamophile
Femmes musulmannes
Islamie
Maison de l'islam
Femme Salafya (exposé
de la femme musulmanne)
Portail des religions
Mariages inter-religieux
Guerre de religion en France
...

Création Frédérique Angoulvent
Jacques Lacan, psychanalyste, La relation d'objet , 5 DECEMBRE 1956 "...Posons la question maintenant tout à fait à un autre départ. Freud nous dit : il y a quelque chose qui dans ce monde des objets a une fonction tout à fait décisive, paradoxalement décisive, c'est le phallus, cet objet qui lui-même est défini comme imaginaire, qu'il n'est en aucun cas possible de confondre avec le pénis dans sa réalité, qui en est à proprement parler la forme, l'image érigée. Ce phallus a cette importance si décisive que sa nostalgie, sa présence, son instance dans l'imaginaire se trouve plus importante semble-t-il encore pour les membres de l'humanité auxquels il manque, à savoir la femme, que pour celui qui peut s'assurer d'en avoir réalité, et dont toute la vie sexuelle est pourtant subordonnée au fait qu'imaginairement bel et bien il assume et il assume en fin de compte comme licite, comme permis l'usage, c'est-à-dire l'homme.

Peinture Louis pollet
C'est là une donnée. Voyons maintenant notre mère et notre enfant en question, confrontons-les comme d'abord je confronte ce que Michel et Alice Balint selon eux, de même que dans les époux Mortimer à l'époque de Jean Cocteau n'ont qu'un seul cœur, la mère et l'enfant pour Michel et Alice Balint n'ont qu'une seule totalité de besoins. Néanmoins je les conserve comme deux cercles extérieurs. Ce que Freud nous dit, c'est que la femme a dans ses manques d'objets essentiels le phallus, que non seulement cela a le rapport le plus étroit avec sa relation à l'enfant pour une simple raison, c'est que si la femme trouve dans l'enfant une satisfaction, c'est très précisément pour autant qu'elle sature à son niveau, qu'elle trouve en lui ce quelque chose qui la calme plus ou moins bien, ce pénis, ce besoin de phallus. Si nous ne faisons pas entrer ceci nous méconnaissons, non seulement l'enseignement de Freud, mais quelque chose qui se manifeste par l'expérience à tout instant.
Voilà donc la mère et l'enfant qui ont entre eux un certain rapport : l'enfant attend quelque chose de la mère, il en reçoit aussi quelque chose dans cette dialectique dans laquelle nous ne pouvons pas ne pas introduire ce que j'introduis maintenant : l'enfant en quelque sorte, peut, disons d'une façon approximative à la façon dont Monsieur et Madame Balint le formulent, se croire aimé pour lui-même.
La question est celle-ci : dans toute la mesure où cette image du phallus pour la mère n'est pas complètement ramenée à l'image de l'enfant, dans toute la mesure où cette image du phallus pour la mère n'est pas complètement ramenée à l’image de l'enfant, dans toute la mesure où cette diplopie, cette division de l'objet primordial désiré soi-disant, qui serait celui de la mère en présence de l'enfant est en réalité doublée par d'une part le besoin d'une certaine satu-ration imaginaire, et d'autre part par ce qu'il peut avoir en effet de relations réelles efficientes, instinctuelles, à un niveau primordial qui reste toujours mythique avec l'enfant, dans toute la mesure où pour la mère il y a quelque chose qui reste irréductible dans ce dont il s'agit, en fin de compte si nous suivons Freud, c'est dire que l'enfant en tant que réel symbolise l'image. S'il est important que l'enfant, en tant que réel pour la mère, prenne pour elle la fonction symbolique de son besoin imaginaire, les trois termes y sont, et toutes sortes de variétés vont là pouvoir s'introduire.
L'enfant mis en présence de la mère, toutes sortes de situations déjà structurées existent entre lui et la mère, à savoir à partir du moment où la mère s'est introduite dans le réel à l'état de puissance, quelque chose pour l'enfant ouvre la possibilité d'un inter-médiaire comme tel, comme objet de don.
La question est de savoir à quel moment et comment, par quel mode d'accès l'enfant peut être introduit directement à la structure Symbolique, Imaginaire, Réel telle qu'elle se produit pour la mère ?
Autrement dit à quel moment l'enfant peut entrer, assumer d'une façon nous verrons plus ou moins symbolisée, la situation imaginaire, réelle de ce qu'est le phallus pour la mère, à quel moment l'enfant peut jusque dans une certaine mesure, se sentir dépossédé lui-même de quelque chose qu'il exige de la mère en s'apercevant que ce n'est pas lui qui est aimé, mais quelque chose d'autre qui est une certaine image.
I1 y a quelque chose qui va plus loin, c'est que cette image phallique, l'enfant la réalise sur lui-même, c'est là qu'intervient à proprement parler la relation narcissique. Dans quelle mesure au moment où l'enfant appréhende par exemple la différence des sexes, cette expérience vient-elle s'articuler avec ce qui lui est offert dans la présence même et l'action de la mère, à la reconnaissance de ce tiers terme imaginaire qu'est le phallus pour la mère ? Bien plus, dans quelle mesure la notion que la mère manque de ce phallus, que la mère est elle-même désirante, non pas seulement d'autre chose que de lui-même, mais désirante tout court, c'est-à-dire atteinte dans sa puissance, est-il quelque chose qui pour le sujet peut être, va être plus décisif que tout ?
Je vous ai annoncé la dernière fois l'observation d'une phobie. Je vous indique tout de suite quel va être son intérêt : c'est une petite fille, et nous avons grâce au fait que c'est la guerre et que c'est une élève d'Anna Freud, toutes sortes de bonnes conditions, l'enfant sera observée de bout en bout, et comme c'est une élève de Madame Anna Freud, dans toute cette mesure elle sera une bonne observatrice parce qu'elle ne comprend rien, elle ne comprend rien parce que la théorie de Madame Anna Freud est fausse et que par conséquent cela la mettra devant les faits dans un état d'étonnement qui fera toute la fécondité de l'observation. Et alors on note tout au jour le jour.

Dessin Louis pollet
La petite fille s'aperçoit que les garçons ont un fait-pipi comme on s'exprime dans l'observation du petit Hans. Pendant tout un moment elle se met à fonctionner en position de rivalité - elle a deux ans et cinq mois - c'est-à-dire qu'elle fait tout pour faire comme les petits garçons. Cette enfant est séparée de sa mère, pas seulement à cause de la guerre, mais parce que sa mère a perdu au début de la guerre son mari. Elle vient la voir, les relations sont excellentes, la présence-absence est régulière, et les jeux d'amour, de contact avec l'enfant sont des jeux d'approche, elle s'amène sur la pointe des pieds, et elle distille son arrivée, on voit sa fonction de mère symbolique. Tout va très bien, elle a les objets réels qu'elle veut quand la mère n'est pas là, quand la mère est là elle joue son rôle de mère symbolique.
Cette petite fait donc la découverte que les garçons ont un fait-pipi, il en résulte assurément quelque chose, à savoir qu'elle veut les imiter et qu'elle veut manipuler leur fait-pipi, il y a un drame, mais qui n'entraine absolument rien comme conséquences. Or cette observation nous est donnée pour être celle d'une phobie, et en effet une belle nuit elle va se réveiller saisie d'une frayeur folle, et ce sera à cause de la présence d'un chien qui est là, qui veut la mordre, qui fait qu'elle veut sortir de son lit et qu'il faut la mettre dans un autre. Cette observation de phobie évolue un certain temps. Cette phobie suit-elle la découverte de l'absence de pénis ? Pourquoi posons-nous la question ? Nous posons la question parce que ce chien, nous saurons dans toute la mesure où nous analyserons l'enfant, c'est-à-dire où nous suivrons et comprendrons ce qu'il raconte, ce chien est manifestement un chien qui mord, et qui mord le sexe.
La première phrase - car c'est une enfant qui a un certain retard - vraiment longue et articulée qu'elle prononce dans son évolution, est pour dire que les chiens mordent les jambes des méchants garçons, et c'est en plein à l'origine de sa phobie. Vous voyez aussi le rapport qu'il y a entre la symbolisation et l'objet de la phobie. Pourquoi le chien ? Nous en parlerons plus tard, mais ce que je veux maintenant vous faire remarquer, c'est que ce chien est là comme agent qui retire ce qui d'abord a été plus ou moins admis comme absent. Allons-nous court-circuiter les choses et dire qu'il s'agit simplement dans la phobie d'un passage au niveau de la loi, c'est-à-dire que quelque chose comme je vous le disais tout à l’heure, pourvu de puissance, est là pour intervenir et pour justifier ce qui est absent d'être absent parce que pour avoir été enlevé, mordu ? C'est dans ce sens que je vous indiquais que j'ai essayé d'articuler aujourd'hui comme schéma ce qui nous permet de faire le franchissement, de voir cette chose qui parait très sommaire. On le fait à chaque instant. Monsieur Jones nous dit très nettement : pour l'enfant après tout le surmoi n'est peut-être qu'un alibi, les angoisses sont primordiales, primitives, imaginaires, et en quelque sorte là il retourne à une sorte d'artifice, c'est la contre-partie ou la contravention morale, en d'autres termes c'est toute la culture et toutes ses interdictions, c'est quelque chose de caduc à l'abri de quoi ce qu'il y a de fondamental - à savoir les angoisses dans leur état incontenu - vient prendre en quelque sorte son repos. I1 y a là-dedans quelque chose de juste, c'est le mécanisme de la phobie, et l'étendre comme le fait Monsieur Pasche à la fin de cet article dont je vous ai parlé , au point de dire que ce mécanisme de la phobie c'est ce quelque chose qui explique au fond l'instinct de mort par exemple, ou encore que les images du rêve c'est une certaine façon que le sujet a d'habiller ses angoisses, de les personnaliser comme on peut dire, c'est-à-dire de revenir toujours à la même idée qu'il n'y a pas là méconnaissance de l'ordre symbolique, mais, l'idée que c'est là une espèce d'habillement et de prétexte de quelque chose de plus fondamental, est-ce cela que je veux vous dire en amenant cette observation de phobie ? Non.
L'intérêt de ceci c'est de s'apercevoir que la phobie a mis bien plus d'un mois pour éclater, elle a mis bien plus de temps, mais un temps marqué entre la découverte de son aphallice ou aphallicisme pour cette enfant et l'éclosion de la phobie, il a fallu qu'il se passe dans l'intervalle quelque chose qui est que d'abord la mère a cessé de venir parce qu'elle était tombée malade et qu'il a fallu l'opérer. La mère n'est plus la mère symbolique, la mère a manqué. Elle revient, elle rejoue avec l'enfant, il ne se passe encore rien. Elle revient appuyée sur une canne, elle revient faible, elle n'a plus ni la même présence ni la même gaieté, ni les mêmes relations d'approche, d'éloignement qui fondaient tout l'accrochage avec l'enfant, suffisant, qui se passaient tous les huit jours. Et c'est à ce moment donc, dans un troisième temps très éloigné, que naît la découverte que grâce aux observateurs nous pouvons savoir que l’œdipe vient non pas du phallus, de la deuxième rupture dans le rythme de l'alternance de la venue/être-venue de la mère comme telle, il a fallu encore que la mère
apparaisse non seulement comme quelqu'un qui pouvait manquer - et son manque s'inscrit dans la réaction, dans le comportement de l'enfant, c'est-à-dire que l'enfant est très triste, il a fallu l'encourager il n'y avait pas de phobie - c'est quand elle revoit sa mère sous une forme débile, appuyée sur un bâton, malade, fatiguée, qu'éclate le lendemain le rêve du chien et le développement de la phobie.
Il n'y a qu'une seule chose dans l'observation plus significative et plus paradoxale que cela, nous reparlerons de cette phobie de la façon dont les thérapeutes l'ont attaquée, ce qu'ils ont cru comprendre. Je veux simplement vous marquer dans les antécédents de la phobie, c'est qu'au moins cela pose la question de savoir à partir de quel moment c'est en tant que la mère elle, manque de phallus que le quelque chose qui se détermine et qui s'équilibre dans la phobie a rendu la phobie nécessaire. Pourquoi elle est suffisante, c'est une autre question que nous aborderons la prochaine fois.
Il y a un autre point non moins frappant, c'est qu'après la phobie la guerre cesse, la mère reprend son enfant, elle se remarie. Elle se trouve avec un nouveau père, et avec un nouveau frère, le fils du monsieur avec lequel la mère se remarie, et à ce moment-là le frère qu'elle a acquis d'un seul coup et qui est nettement plus âgé qu'elle, environ cinq ans de plus qu'elle, se met avec elle à se livrer à toutes sortes de jeux à la fois adoratoires et violents, parmi lesquels la requête de se montrer nus, et manifestement le frère fait précisément sur elle quelque chose qui est entièrement lié à l'intérêt qu'il porte à cette petite fille en tant qu'elle est apénienne, et là la psychothérapeute de s'étonner. C'aurait dû être une belle occasion de rechute de sa phobie puisque dans la théorie de l'environmental qui est celle sur laquelle se fonde toute la thérapeutique d'Anna Freud, c'est à savoir que c'est dans la mesure où le moi est plus ou moins bien informé de la réalité que les discordances s'établissent. Est-ce à ce moment là, de nouveau représentifié avec son manque, avec la présence d'homme-frère, de personnage non seulement phallique, mais porteur du pénis, est-ce qu'il n'y aurait pas là une occasion de rechute ? Bien loin de là, elle ne s'est jamais portée si bien, il n'y a pas trace à ce moment de trouble mental, elle se développe parfaitement bien. On nous dit d'ailleurs exactement pourquoi.
C'est qu'elle est manifestement préférée par sa mère à ce garçon, mais néanmoins le père est quelqu'un d'assez présent pour introduire précisément un nouvel élément, l'élément dont nous n'avons pas encore parlé jusqu'à présent, mais qui tout de même est essentiellement lié à la fonction de la phobie. Un élément symbolique au delà de la relation de puissance ou d'impuissance avec la mère, le père à proprement parler, lui-même comme dégageant de ses relations avec la mère la notion de puissance, bref ce qui au contraire nous parait avoir été saturé par la phobie, à savoir ce qu'elle redoute en l'animal castrateur comme tel qui s'est avéré de toute nécessité avoir été l'élément d'articulation essentiel qui a permis à cette enfant de traverser la crise grave où elle était entrée devant l'impuissance maternelle.
Elle retrouve là son besoin saturé par la présence maternelle et par surcroît par le fait que quelque chose dont justement c'est la question de savoir si la thérapeute voit si clair que cela, à savoir qu'il y a peut-être toutes sortes de
possibilités pathologiques dans cette relation où elle est déjà fille du père, car nous pouvons nous apercevoir sous une autre face à ce moment là, qu'elle est devenue, elle toute entière, quelque chose qui vaut plus que le frère. En tout cas elle va devenir assurément la sœur phallus, dont on parle tellement et dont il s'agit de savoir dans quelle mesure pour la suite elle ne sera pas impliquée dans cette fonction imaginaire. Mais pour l'immédiat nul besoin essentiel n'est à combler par l'articulation du phantasme phallique, le père est là, il y suffit, il suffit à maintenir entre les trois termes de la relation mère-enfant-phallus l'écart suffisant pour que le sujet n'ait à donner de soi, à y mettre du sien d'aucune façon pour maintenir cet écart.
Comment cet écart est-il maintenu, par quelle voie, par quelle identification, par quel artifice ? C'est ce que nous commencerons la prochaine fois d'essayer d'attaquer en reprenant un peu cette observation, c'est-à-dire en vous introduisant par là même à ce qu'il y a de plus caractéristique dans la relation d'objet préœdipienne, à savoir la naissance de l'objet fétiche..."
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Psychanalyste
Que veut la femme ?
"...Le premier constat que fait Freud est que l'homme ne cesse de parler de ce qu'il ne peut pas dire : la mort, le père, la femme...
Que signifie "être une femme" ? C'est la question par excellence. Quant à ce "que veut la femme ?", comme l'affirme la sagesse ancestrale, on n'en est pas plus certain. D'où l'incessante oscillation entre le culte de la femme mystère, énigme, et la haine de cette même femme comme mystification, mensonge. Positions qui entretiennent de ce fait la méconnaissance de la féminité..."
IV Premier mensonge
La relecture attentive des premiers travaux de Freud nous montre donc que se succèdent, dans son oeuvre, deux voies d'abord de la question de la féminité :
1. La première est celle d'un innommable, c'est-à-dire d'un réel qui fait trou dans le parole :
2. La seconde, au contraire, s'appuie sur un nommé : le primat du phallus qui nomme le manque de la castration.
Nous avons vu que Freud rencontre l'innommable sous trois figures :
1. celle du réel de la chair où l'organe sexuel féminin apparaît comme désexualisé,
2.
celle de la mort, dans la mesure où le féminin s'apparente au mutisme,
3.
celle de la lacune dans le psychisme, ombilic autour duquel tournent les représentations.
La question est donc de savoir si ce noyau de réel, qui forme le centre des symptômes hystériques comme des rêves de Freud lui-même, doit rester à jamais hors de portée, formant trou dans le savoir, ou si la psychanalyse permet de réduire cette béance à du connaissable. C'est ce que visent le désir de voir et le désir de savoir de Freud, dès le moment où Irma consent à ouvrir la bouche à ses investigations..." commander ce livre ilelettree@wanadoo.fr
Jacques Lacan, psychanalyste, La relation d'objet , 19 déc. 1956 "... La position devient anaclitique en tant que c'est de lui, du phallus dont il est désormais le maître, le représentant, le dépositaire, c'est en tant que la femme dépend de lui que la position est anaclitique. La relation de dépendance s'établit pour autant que s'identifiant à l'autre, au partenaire objectal, il est indispensable à ce partenaire, que c'est lui qui la satisfait, et lui seul parce qu'il est en principe le seul dépositaire de cet objet qui est l'objet du désir de la mère. C'est en fonction d'un achèvement de la position oedipienne que le sujet se trouve dans la position que nous pouvons qualifier d'optima dans une certaine perspective par rapport à l'objet retrouvé qui sera le successeur de l'objet maternel primitif, et par rapport auquel il deviendra lui, l'objet indispensable, et que se sachant indispensable, une partie de la vie érotique précisément des sujets qui participent de ce versant libidinal soit tout entière condi-tionnée par le besoin une fois expérimenté et assumé de l'autre, de la femme maternelle comme ayant besoin en lui de trouver son objet qui est l'objet phallique.
Voilà ce qui fait l'essence de la relation anaclitique en tant qu'opposée à la relation narcissique. Ceci n'est qu'une parenthèse destinée à montrer l'utilité de mettre toujours en jeu cette dialectique de la relation, ici des trois objets premiers, autour de laquelle reste pour l'instant, sauf dans la notion générale de quelque chose qui les embrasse tous et les lie dans la relation symbolique, autour de laquelle reste pour l'instant localisé le quatrième terme qui est le père en tant qu'il introduit ici la relation symbolique, la possibilité de la transcendance de la relation de frustration ou de manque d'objet, dans la relation de castration qui est tout autre chose, c'est à dire qui introduit ce manque d'objet dans une dialectique, dans quelque chose qui prend et donne, qui institue, investit, confère la dimension du pacte d'une interdiction, d'une loi, de l'interdiction de l'inceste en particulier, dans toute cette dialectique.
Revenons à notre sujet. Que se passe-t-il si c'est la relation imaginaire qui devient la règle et la mesure de toute la relation anaclitique ?
Il en adviendra exactement ceci : c'est qu'au moment où entrent dans le désaccord, dans le non-lien, dans la destruction des liens pour une raison quelconque évolutive des incidences historiques de la relation de l'enfant à la mère par rapport au tiers objet - objet phallique qui est à la fois ce qui manque à la femme et ce que l'enfant a découvert qui manque à la mère - il y a d'autres modes de rétablissement de cette cohérence. Ces modes sont des modes imaginaires, ce sont des modes imaginaires qui, non typiques, consistent dans l'identification de l'enfant à la mère, par exemple à partir d'un déplacement imaginaire de l'enfant par rapport à son partenaire maternel, le choix à sa place, l'assomption pour elle de ce manque vers l'objet phallique comme tel. Le schéma que je vous donne là n'est rien d'autre que le schéma de la perversion fétichiste.
Voilà un exemple de solution si vous voulez, mais il y a une voie plus directe. En d'autres termes d'autres solutions existent d'accès à ce manque d'objet qui est déjà sur le plan imaginaire la voie humaine d'une réalisation qui est le rapport de l'homme à son existence, c'est à dire à quelque chose qui peut être mis en cause, qui déjà fait quelque chose de différent de l'animal et de toutes les relations animales possibles sur le plan imaginaire, c'est à dire à l'intérieur de certaines conditions qui seront des conditions en quelque sorte ponctuées, extra-historiques telles que se présente toujours le paroxysme de la perversion.
La perversion a cette propriété de réaliser un certain mode d'accès à cet au delà de l'image de l'autre qui caractérise la dimension humaine, mais elle le réalise simplement dans un moment comme en produisent toujours les paroxysmes des perversions, qui sont en quelque sorte des moments syncopés dans l'intérieur de l'histoire du sujet. Il y a une somme de convergence ou de montée vers le moment qui est peut-être très significativement qualifié de passage à l'acte, et pendant ce passage à l'acte quelque chose est réalisé qui est fusion, qui est accès à cet au-delà qui est à proprement parler cette dimension trans-individuelle que la théorie anaclitique freudienne formulait comme telle, et nous apprend à appeler l'éros, cette union de deux individus chacun étant arraché à lui-même et pour un instant plus ou moins fragile, transitoire, voire même virtuel, constituant cette unité. Cette unité est réalisée à certains moments de la perversion, et ce qui constitue la perversion est précisément qu'elle ne peut être jamais réalisée que dans ces moments non ordonnés symboliquement.
Le sujet finalement trouve son objet, et son objet exclusif, et il le dit lui-même, d'autant plus exclusif et d'autant plus parfaitement plus satisfaisant qu'il est inanimé, du moins comme cela il sera bien tranquille de ne pas avoir de déception de sa part. Quand le sujet aime une pantoufle voilà le sujet qui a vraiment, on peut dire, l'objet de ses désirs à sa portée, c'est plus sûr, un objet lui-même dépourvu de propriété subjective, intersubjective, voire trans-subjective.
La solution fétichiste est incontestablement pour ce qui est de réaliser la condition de manque comme tel une des conditions les plus concevable dans cette perspective, et elle est réalisée..."
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Le Moi 1954-1955
Psychanalyste Jacques Lacan 8 JUIN 1955 :
"...A la fin des fins, le progrès de l'analyse est enregistré à la date où nous est rapportée l'observation dans les termes suivants - elle est enfin venue à son sentiment de culpabilité, c'est-à-dire maintenant c'est bien simple, elle ne peut plus approcher un homme sans que ça déclenche des crises de remords qui, cette fois-ci, ont un corps.
Autrement dit, conformément au schéma de l'autre jour, l'analyste lui a donné - premièrement, un moi, il lui a appris ce qu'elle voulait vraiment, à savoir démolir les hommes - deuxièmement, il lui a donné un surmoi, à savoir que tout cela est fort méchant, et qu'en plus c'est tout à fait interdit de les approcher, ces hommes. C'est ce que l'auteur appelle le stade paranoïde de l'analyse. Je le crois en effet assez volontiers - il arrive fort bien à lui apprendre où sont ses pulsions, et maintenant, elle les voit se promener un peu partout.
Est-ce la voie tout à fait correcte ? Ce dont il s'agit dans ces crises de dépression, est-il à situer dans ce rapport duel ? Ce qu'il y a entre elle et les hommes, est-ce un rapport réel, libidinal, avec tout ce qu'il comporte dans le schéma de la régression ?
L'auteur a pourtant la chose à la portée de la main. Les vertus dépressives des images des hommes sont liées à ce que les hommes, c'est elle-même. C'est sa propre image en tant qu'elle lui est ravie, qui exerce sur elle cette action décomposante, déconcertante au sens originel du mot. Lorsqu'elle approche ces quelques hommes, c'est sa propre image,
son image narcissique, son moi, qu'elle approche. C'est là le fondement de sa position dépressive. Et la situation sera certes plus difficile pour elle que pour quelqu'un d'autre, puisqu'elle est précisément dans une posi-tion ambiguë, et qui a sa place dans la tératologie. Mais toute espèce d'identification narcissique est comme telle ambiguë.
Il n'y a pas de meilleure illustration de la fonction du Penisneid - c'est pour autant qu'il y a chez elle identification avec l'homme imaginaire, que le pénis prend valeur symbolique, et qu'il y a problème. On aurait tout à fait tort, dit l'auteur, de croire que le Penisneid soit tout à fait naturel chez les femmes. Qui lui a dit que c'est naturel? Bien entendu, c'est symbolique. C'est pour autant que la femme est dans un ordre symbolique à perspective androcentrique que le pénis prend cette valeur. Ce n'est d'ailleurs pas le pénis, mais le phallus, c'est-à-dire quelque chose dont l'usage symbolique est possible parce qu'il se voit, qu'il est érigé. De ce qui ne se voit pas, de ce qui est caché, il n'y a pas d'usage symbolique possible.
Chez cette femme, la fonction du Penisneid joue à plein, puisqu'elle ne sait pas qui elle est, si elle est homme ou femme, et qu'elle est tout à fait engagée dans la question de sa signification symbolique. Et cette ano-malie réelle est doublée d'autre chose qui n'est peut-être pas sans relation avec cette apparition tératologique, à savoir que dans sa famille le côté masculin est effacé. C'est le père de sa mère qui joue le rôle de person-nage supérieur, et c'est par rapport à lui que s'établit d'une façon typique le triangle, et que se pose la question de sa phallisation ou non.
Tout cela est complètement éludé dans la théorie et la conduite du traitement, au nom de ceci, que ce dont il s'agit est de faire reconnaître au sujet ses pulsions, et tout spécialement, parce qu'à la vérité ce sont les seules qu'on rencontre, les pulsions qu'on appelle dans notre langage élégant prégénitales. Cette solide investigation du prégénital produit une phase que le thérapeute est amené à qualifier de paranoïde. Nous n'avons pas à en être étonnés. Prendre l'imaginaire pour du réel est ce qui caractérise la paranoïa, et à méconnaître le registre imaginaire, nous conduisons le sujet à reconnaître ses pulsions partielles dans le réel.
Ici, les relations du sujet avec les hommes, jusque-là narcissiques, ce qui n'était déjà pas tout simple, deviennent inter-agressives, ce qui les complique singulièrement. En passer par une culpabilité qu'on a eu une peine infinie à faire surgir, ne nous laisse pas bien augurer des détours supplémentaires qui seront nécessaires pour que le sujet revienne dans une voie plus pacifiante.
Vous n'avez pas à chercher bien loin pour trouver la sanction pratique d'une erreur théorique. Voilà à cet égard une observation exemplaire. Un des ressorts secrets des échecs des cures d'obsédés, c'est l'idée que,
derrière la névrose obsessionnelle, il y a une psychose latente. Il n'est pas étonnant qu'on en arrive alors à des dissociations larvées, et qu'on substitue à la névrose obsessionnelle des dépressions périodiques, voire une orientation mentale hypocondriaque.
Peut-être n'est-ce pas ce qu'on peut obtenir de mieux.
Si panoramiques que soient nos propos, il doit vous être sensible qu'ils ont les incidences les plus précises, non pas seulement dans la compréhension des cas, mais dans la technique..."
Les psychoses
1955 - 1956
Leçon du 21 mars 1956
"...L'important c'est que c'est en tant qu'identifiée à M.K. que toute la situation fondamentale, celle d'ailleurs à laquelle Dora participe effectivement jusqu'au moment de la décompensation névrotique ; c'est elle qui rend possible toute cette situation dont par ailleurs elle se plaint. Et ceci fait partie de la situation. C'est en tant que Dora est identifiée à M. K. Mais il s'agit de savoir ce que cela veut dire et pourquoi ? C'est très exactement que sa façon d'interroger sur ce qu'est son sexe, ce qu'est sa féminité, qu'est-ce que dira Dora ? Qu'est-ce que dit l'hystérique femme fondamentalement par sa femme fondamentalement par sa névrose ? La question est là un point sur lequel nous touchons quelque chose d'essentiel. C'est en cela que nous voyons la fécondité de l'appréhension freudienne des phénomènes, c'est qu'ils ne savent pas nous montrer les plans de structure du symptôme, c'est qu'une vérité qui nous met tout de suite beaucoup plus loin ; s'il y a quelque chose qui ressort de tout ce sur quoi Freud a toujours insisté malgré le mouvement d'enthousiasme pour les phénomènes imaginaires remués dans l'expérience analytique, les bonnes volontés à trouver immédiatement les symétries, les analogies ; le complexe d'Œdipe, comme c'est clair, comme on l'a bien expliqué pour le garçon, alors ça doit bien être la même
chose pour la fille ; et d'ailleurs comme Freud lui-même l'a indiqué, beaucoup de choses jouent aussi ; Freud a toujours insisté sur l'essentielle dissymétrie du complexe d'Œdipe.
Est-ce que ceci précisément ne va pas être quelque chose qui nous permette d'entrer plus loin dans cette dialectique de l'imaginaire et du symbolique ? Est-ce que ça n'est pas là que gît assurément ce côté paradoxal ? Pourquoi en effet, ne pas admettre tout simplement que dans la rivalité de la fille avec la mère à l'égard du père il ne s'agit là que d'objet du désir ? Vous me direz : il y a la relation d'amour primaire avec la mère, c'est quelque chose, c'est quelque chose qui introduit une dissymétrie. Mais comme loin d'en être là à l'époque où Freud commence à ordonner les faits qu'il constate dans l'expérience et qui le forcent à affirmer qu'il y a pour la fille (et il y a bien d'autres éléments de dissymétrie) l'élément anatomique sur lequel Freud insiste, qui fait que pour la femme les deux sexes dans leur organisation anatomique sont identiques, est-ce que c'est simplement là qu'est la raison de la dissymétrie ? C'est cela qui nous est en quelque sorte proposé, imposer par les études de détail très serrées que fait Freud sur ce sujet.
Je n'ai qu'à en nommer quelques unes : « les considérations sur la différence anatomique des deux sexes » sont un des titres des travaux qui ont été faits sur ce registre. Il y en a d'autres. Il y a l'article sur « la sexualité féminine » qui est de 1931, (l'autre étant de 1925). Puis le « déclin du complexe d'Œdipe » qui est de 1924, je crois.
Ce que nous voyons, c'est qu'une dissymétrie essentielle apparaît au niveau du signifiant, au niveau du symbolique. Et il n'y a pas dirons-nous, à proprement parler de symbolisation du sexe de la femme comme tel ; la symbolisation en tout cas n'en est pas la même, n'a pas la même source, n'a pas le même mode d'accès que la symbolisation du sexe de l'homme et ceci pour une raison qu'il ne faut pas même chercher au-delà de ce quelque chose de simple, c'est que l'imaginaire ne fournit qu'une absence là où il y a ailleurs un symbole très prévalent, que c'est de la prévalence de la Gestalt phallique
que dépend quelque chose d'essentiel dans ce qui force la femme, dans la réalisation du complexe oedipien, à ce détour par l'identification au père, ce qui est tout à fait dissymétrique par rapport à ce qui se passe chez le garçon, et la force à prendre les mêmes chemins que le garçon pendant un temps. L'accès de la femme au complexe oedipien se fait du côté du père. C'est son identification imaginaire qui se fait en passant par le père, exactement comme chez le garçon, et elle le fait précisément en fonction d'une prévalence de la forme imaginaire, mais en tant qu'il est pris lui-même comme élément symbolique central, de l'Œdipe.
En d'autres termes, si le complexe de castration prend une valeur pivot dans la réalisation de l'Œdipe, -et ceci pour les deux sujets, aussi bien le garçon que la fille, - c'est très précisément en fonction du père que le phallus est un symbole dont il n'y a pas de correspondant, d'équivalent. C'est d'une dissymétrie dans le signifiant qu'il s'agit, et cette dissymétrie dans le signifiant détermine les voies par où passeront chez les uns et les autres sujets le complexe d'Œdipe. Les deux voies les font passer par le même sentier : le sentier de la castration chez le garçon, et exactement de la même façon chez la fille avec ce qu'il détermine comme étant le pivot de la réalisation de l'Œdipe dans la sexualité féminine, à savoir le pénis.
Nous avons donné là justement un instrument tout à fait caractéristique et tout à fait frappant de la prédominance du signifiant dans les voies d'accès de la réalisation subjective : celle de l'expérience d'Œdipe. Là où l'assomption imaginaire de la situation n'est nullement impensable, il y a en effet une sorte de compensation, il y a tous les éléments pour une expérience de la position féminine qui soit en quelque sorte directe, symétrique à la réalisation de la position masculine, si c'était simplement quelque chose qui se réalise dans l'ordre de l'expérience vécue, comme on dit, dans l'ordre de quelque chose qui serait de l'ordre de la sympa-thie de l'ego, des sensations ; il y eu au contraire quelque chose que l'expérience nous montre qui se manifeste dans
une différence frappante, singulière, c'est pourquoi l'un des sexes, pour arriver à sa pleine réalisation dans le sujet est-il en quelque sorte nécessité à se supporter, au moins à prendre comme support, comme base de son identification, le support formel, l'image de l'autre sexe.
Ceci à soi tout seul est quelque chose qui ne peut littéralement que trouver sa place - je veux simplement vous faire remarquer que le seul fait que les choses soient ainsi pose une question qui ne peut s'ordonner, qui ne peut rester une pure et simple bizarrerie de la nature, ne peut s'interpréter que dans le fait que c'est l'ordonnance symbolique, en tant qu'elle existe qui règle tout. Que là où il n'y a pas de matériel symbolique, il y a obstacle, défaut à la réalisation de l'identification essentielle, de voie essentielle pour la réalisation de la sexualité du sujet ; et que ce défaut provient du fait que le symbolique pour un point manque de matériel, parce qu'il lui en faut un, et qu'il y a quelque chose qui se trouve à proprement parler être moins désirable que le sexe masculin dans ce qu'il a de provoquant, c'est le sexe féminin qui a ce caractère d'absence, ce vide, ce trou qui fait qu'une dissymétrie essentielle apparaît dans quelque chose où il semble que, si tout était à saisir dans l'ordre d'une dialec-tique des pulsions, on ne verrait pas pourquoi un tel détour, une telle anomalie serait nécessitée.
Cette remarque est loin de nous suffire quant à la question qui est en jeu, c'est à savoir de la fonction du moi chez les hystériques mâles et femelles. Ici, nous devons nous apercevoir de quelque chose qui, si l'on peut dire, est au fond des questions qui vont être soulevées c'est à dire des questions liées non pas seulement au matériel, au magasin-accessoire du signifiant, mais au rapport du sujet avec le signifiant dans son ensemble ; c'est-à-dire avec ce à quoi peut répondre le signifiant. Car, bien entendu, j'ai parlé hier soir d'êtres de langage, c'était pour bien frapper mon auditoire. Les êtres de langage ne sont pas des êtres organisés. Qu'ils soient des êtres ce n'est pas douteux ; qu'ils soient des êtres qui impriment leurs formes dans l'homme, et que ma comparaison avec les fossiles soit jusqu'à un certain point tout à fait indiquée, qu'il y ait dans l'homme des êtres qui sont à proprement parler des êtres de signifiant, ceci est certain, mais il reste qu'ils n'y ont pas pour autant une existence substantielle en soi, s'il y a une problématique, c'est bien de cela qu'il s'agit.
Pour revenir à notre fonction du moi dans la névrose, il faut partir de ceci : nous avons deux plans : le plan du symbolique et le plan de l'imaginaire.
Considérons le paradoxe qui résulte de ce que je pourrais appeler certains entrecroisements, une sorte de croisement fonctionnel qui apparaît aussitôt tout à fait frappant.
Qu'est-ce qu'évoque le symbolique dans sa fonction chez l'homme ?
Il semble que le symbolique c'est ce que qui nous livre tout le système du monde. C'est parce que l'homme a des mots qu'il connaît des choses. Et le nombre des choses qu'il connaît correspond au nombre des choses qu'il peut nommer. Ceci n'est pas douteux.
D'autre part, ce que nous appelons l'imaginaire, et que la relation imaginaire soit liée à tout le domaine de l'éthologie, à la psychologie animale, aux fonctions de la relation sexuelle, de la capture par l'image de l'autre, qu'elle soit l'un des ressorts essentiels de cette spécificité du choix, à l'intérieur de la même espèce du partenaire sexuel qui se trouve être en même temps le partenaire fécond, c'est aussi quelque chose qui semble aller de soi. En d'autres termes, qu'un des domaines soit ouvert à toute la neutralité de l'ordre de la connaissance humaine et que l'autre soit précisément le domaine même de l'érotisation de l'objet, c'est ce qui semble au premier abord manifesté à nous.
Or, si les choses sont telles, ce que nous voyons c'est que la réalisation de la position sexuelle chez l'être humain est liée, nous dit Freud - et nous dit l'expérience - à l'épreuve, à la traversée d'une relation fondamentalement symbolisée, celle de l'Oedipe, que ce n'est que par l'intermédiaire d'une position intermédiaire aliénant le sujet, c'est-à-dire le faisant désirer l'objet d'un autre et le posséder par la procuration d'un autre, c'est en tant que nous nous trouvons dans une
position structurée dans la duplicité même du signifiant et du signifié, c'est en tant qu'est symbolisé à proprement parlé la fonction de l'homme et de la femme, c'est en tant qu'elle est littéralement arrachée au domaine de l'imaginaire pour être située dans le domaine du symbolique, que se réalise toute position sexuelle normale, achevée. C'est dans le domaine du symbolique, c'est un passage dans le domaine du symbolique, c'est à la symbolique qu'est soumise, comme une exigence essentielle la réalisation génitale, que l'homme se virilise, et que la femme accepte véritablement sa fonction féminine.
Inversement, chose non moins singulière et paradoxale, c'est dans l'ordre de l'imaginaire que se situe cette relation d'identification à partir de quoi l'objet se réalise comme objet de concurrence. Le domaine de la connaissance a ce caractère fondamentalement inséré dans la primitive dialectique paranoïaque de l'identification au semblable. C'est de là que partent les premières possibilités, la première, ouverture d'identification à l'autre, à savoir un objet.
Un objet s'isole et se neutralise comme tel s'érotise particulièrement.
C'est ce qui fait entrer dans le champ du désir humain infiniment plus d'objets élémentaires, matériels, qu'il n'en entre dans l'expérience animale.
C'est dans cet entrecroisement qui, bien entendu, n'est pas sans profonds motifs, que gît la source de ce que nous devons considérer comme étant la fonction essentielle que joue le moi dans la structuration de la névrose.
Qu'est-ce qui se passe en effet quand Dora se trouve poser sa question, s'interroger sur : qu'est-ce qu'une femme ?
Cela a le sens - et pas un autre- d'une interrogation, une tentative de symboliser l'organe féminin comme tel. Nous dirons que dans cette occasion son identification à l'homme lui est littéralement un moyen de connaître si elle identifiée à l'homme en tant précisément que porteur de pénis. C'est que ce pénis à elle lui sert littéralement d'instrument imaginaire pour appréhender ce qu'elle n'arrive pas à symboliser.
En ce sens, on peut dire que l'hystérique-femme, s'il y a beaucoup plus d'hystériques-femmes, que d'hystériques-hommes, c'est un fait d'expérience clinique, c'est parce que le chemin de la réalisation symbolique de la femme comme telle est beaucoup plus compliqué, inversement pour ce qui est d'en poser le problème, c'est-à-dire en quelque sorte de s'arrêter à mi-chemin, car devenir une femme et s'interroger sur ce qu'est une femme sont deux choses essentiellement différentes ; je dirai même plus, que c'est parce qu'on ne le devient pas qu'on s'interroge, et, jusqu'à un certain point s'interroger est le contraire de le devenir. La métaphysique de sa position est le détour imposé à la réalisation subjective chez la femme. C'est parce que sa position est essentiellement problématique, et jusqu'à un certain point inassimilable, qu'elle fera plus facilement une hystérie qu'un sujet du sexe opposé.
Mais d'un autre côté, une hystérie sera précisément aussi une solution plus adéquate, quand la question prend forme sous cet aspect de l'hystérie. Elle prend cette forme par la voie la plus courte, c'est à dire qu'il lui est très facile de poser la question simplement par l'identification au père. C'est ce qui fait la particulière clarté de la position féminine à l'intérieur de l'hystérie. En ce sens et à ce titre, c'est une position qui présente une espèce de stabilité particulière envers elle-même, de sa simplicité structurale. Plus une structure est simple, moins elle a d'occasions de montrer des points de rupture.
Pour ce qui est de la question de ce qui se passe dans l'hystérie masculine, la situation sera beaucoup plus complexe, justement dans la mesure où chez l'homme la réalisation oedipienne est mieux structurée, la question qui est la question dans l'hystérie féminine aura moins de chance de se poser pour lui. Mais cette question justement, qu'elle est -Car dire que quelque chose manque si l'on peut dire est-elle ? dans le matériel signifiant qui aide à la réalisation de la position masculine, il n'y a rien de correspondant au phallus.
C'est là qu'on le voit, ce n'est absolument pas épuiser la question de la dissymétrie entre le garçon et la fille dans la position de l'Œdipe. Il y a la même dissymétrie dans le cas de la réalisation de l'hystérie, qui se manifeste en ceci, c'est que l'hystérique homme et femme, se pose la même question ; c'est-à-dire que le quelque chose autour de quoi est la question de l'hystérique mâle - c'est le sens de l'observation que j'ai donné la dernière fois - c'est quelque chose qui concerne la position féminine. Déjà, je vous l'ai dit, c'est quelque chose qui tourne autour du fantasme de la grossesse dans cette observation.
Est-ce que cela suffit à épuiser la question ?
C'est quelque chose qui n'est pas spécifiquement non plus féminin, c'est à savoir la question de la procréation, c'est quelque chose qui tourne, nous l'avons vu, aussi autour des thèmes de morcelage, les fantasmes de corps morcelé, et à proprement parler le morcellement fonctionnel, ou même le morcellement anatomique, fantasmatique, dont on a vu depuis longtemps qu'il donne les points de rupture, sont des phénomènes hystériques comme tels. Cette anatomie fantasmatique dont depuis longtemps les auteurs ont souligné le caractère structural dans le phénomène de l'hystérie, c'est à savoir qu'on ne fait pas une paralysie ni une anesthésie selon les voies et la topographie des branches nerveuses. Rien dans l'anatomie nerveuse ne recouvre quoi que ce soit de ce qui s'est produit dans les symptômes hystériques.
C'est toujours une anatomie imaginaire dont il s'agit.

Peinture Frédérique Angoulvent
Tout cela forme la constellation des phénomènes hystériques.
Est-ce que nous n'allons pas pouvoir tout de même préciser ce qui, au-delà du signifié, donne le sens de ce qui pour l'hystérique, sans aucun doute, se situe au niveau du symbolique, au niveau du signifiant, mais qui n'en reste pourtant pas moins jusqu'à un certain point... Il y a quelque chose qui est le facteur commun de la position féminine comme de la position masculine ; c'est à savoir pour tous les deux se pose, sans aucun doute, dans des voies et dans des termes différents, la question de la procréation. Ceci déjà paraît être un accès auquel il est difficile de soustraire ce côté problématique de l'essence de la paternité comme de la maternité.
C'est quelque chose qui ne se situe pas purement et simplement au niveau de l'expérience. Qu'il y ait en effet une expérience féminine de la maternité, et qu'elle soit essentiellement différente de la paternité, laquelle pose justement à la lumière de l'analyse toute une variété de phénomènes, de manifestations, et du même coup de problèmes, qui sont ceux sur lesquels pour la première fois l'analyse a permis d'apporter quelques lumières.
Récemment je m'entretenais avec quelqu'un de mes élèves des problèmes depuis longtemps soulevés de la couvade. Et il me rappelait là-dessus les éléments que les ethnographes ont pu apporter récemment sur ce problème qui restait problématique. Il est clair que là-dessus des faits qui sont des faits d'expérience, d'investigation dans le domaine à proprement parler du symbolique, le fait de retrouver dans un usage, dans quelque chose qui n'est manifestable que là, parce que c'est simplement là que cela apparaît d'une façon claire, à savoir dans telle ou telle tribu d'Amérique centrale, permet à certains moments de trancher certaines questions qui se posent sur la signification de la couvade, qui est res-tée très ambiguë et très énigmatique ; jusqu'à une époque récente on hésitait sur ses relations avec les éléments divers de croyance concernant le sens du mécanisme de la paternité, l'élément de contrecoup et de culpabilité des relations se réfléchit par l'intermédiaire de la femme.
On peut faire entrer un élément tout à fait précis de mise en question de la fonction du père comme tel dans la procréation, c'est à dire de l'élément qu'apporte le père à la création d'un nouvel individu. Je n'ai pas à vous dire sur quels faits peuvent se fonder cette affirmation qui apporte une précision essentielle dans le domaine du matériel signifiant qui permet de préciser que la couvade se situe au niveau de la question concernant ce que c'est que la procréation masculine en tant qu'elle y participe.
Dans cette voie, par cette approche, il ne paraîtra peut-être pas forcé de dire qu'en somme ce vers quoi nous amène cette question sur la question des névroses est ceci :
réfléchissons à ce qu'est le signifiant, le symbolique en tant qu'il
donne une forme dans laquelle puisse s'insérer ce qu'on peut à juste titre appeler à proprement parler le sujet au niveau de l'être, ce en quoi le sujet se reconnaît comme étant ceci ou cela.
Beaucoup de choses s'expliquent dans ce registre en tant qu'explicatif, que causal, que coordonnant ce quelque chose qui dans le dernier ressort n'est pas autre chose que la chaîne des signifiants. La notion même de causalité n'est pas autre chose.
Il y a tout de même une chose qui échappe à la trame. Mais il n'y a pas à aller chercher très loin. Il y a deux choses qui échappent à la trame, c'est au niveau du symbolique entendons-le, l'explication de la succession, sortie des êtres les uns par rapport aux autres, c'est très précisément la procréation dans sa racine essentielle, c'est qu'un être naisse d'un autre. Il y a là quelque chose qui, dans l'ordre du symbolique est couvert par le fait qu'un ordre est instauré de cette succession entre les êtres ; mais de leur essentielle indi-viduation, c'est-à-dire du fait qu'il y en ait un autre qui sorte du premier, qu'il y ait création ; et d'ailleurs il n'y a pas création, précisément tout le symbolisme est là pour affirmer que la créature n'engendre pas la créature, que la créature est impensable sans une fondamentale création. Dans le symbolique, rien n'explique la création.
En d'autres termes, rien n'explique, c'est la même chose, qu'il faille que des êtres meurent pour que d'autres naissent, et le rapport essentiel de la reproduction sexuée avec l'apparition de la mort, disent les biologistes, si c'est vrai, montre que les biologistes sont aussi autour de quelque chose qui est la même question. La question de savoir ce qui lie deux êtres dans l'apparition de la vie en tant que telle, est quelque chose qui ne va de soi que pour autant que l'être lui-même est intégré dans le symbolique, c'est-à-dire que pour lui la question ne se pose pas à partir du moment où il est dans le symbolique réalisé comme homme ou comme femme, mais dans toute la mesure où ce quelque chose arrive à la façon d'un accident, qui l'empêche d'y accéder. Et ceci peut arriver aussi bien par le fait des accidents biographiques de chacun.
Ce qui surgit est la question foncière, ce en quoi est ce qui nécessite aussi la question que lui-même, Freud a posée dans « Au-delà du principe du plaisir ». De même, dit-il, que la vie va se reproduire, chaque fois qu'elle se reproduit, le même cycle qu'elle est forcée de répéter pour rejoindre le but commun de la mort, disons que ceci est en quelque sorte le reflet de son expérience.
En fin de compte, ce que chaque névrose reproduit, c'est en effet un certain cycle dans l'ordre du signifiant, dans l'ordre de certaines questions particulières, les plus fondamentales sans doute, qui se produisent au niveau du signifiant, mais sur le fond de la question se pose le rapport de l'homme au signifiant comme tel, c'est-à-dire qu'il y a quelque chose qui est radicalement inassimilable au signifiant, c'est tout simplement son existence singulière ; pour-quoi est-il là ? d'où sort-il ? que fait-il ? Autrement dit la question de savoir pourquoi il va disparaître étant donné que le signifiant est incapable de lui donner un élément pour une simple raison que justement en tant que signifiant, il le met au-delà de la mort, parce qu'en tant que signifiant il le considère déjà comme mort ; il l'immortalise par essence.
La question de la mort, c'est celle qui est au fond un autre mode de la création névrotique de la question, c'est celui de la névrose obsessionnelle. je l'ai indiqué hier soir. je le laisse de côté aujourd'hui, parce que nous n'allons pas faire les névroses obsessionnelles cette année. Les considérations que je vous propose là sont des considérations de structure générale qui sont encore préludes aux problèmes qui nous sont posés par le psychotique. je m'intéresse spécialement à la question telle qu'elle est posée dans l'hystérie parce qu'il s'agit justement de savoir en quoi le mécanisme de la psychose, nommément du Président Schreber, pour autant qu'il importe aussi que nous voyions s'y dessiner la question de la procréation féminine, tout spécialement... Qu'est-ce que cela veut dire ? C'est pour la situer par rapport à la façon dont la question se présente chez l'hystérique que je fais ce détour qui est en même temps une illustration des points que j'ai remués hier soir."
Encore 1972-1973
"DE LA JOUISSANCE -
12 DÉCEMBRE 1972"
"...Il m'est arrivé de ne pas publier l'Éthique de la psychanalyse. En ce temps là, c'était chez moi une forme de la politesse - après vous j' vous en prie, j' vous en pire... Avec le temps, j'ai appris que je pouvais en dire un peu plus. Et puis, je me suis aperçu que ce qui constituait mon cheminement était de l'ordre du je n'en veux rien savoir.
C'est sans doute ce qui, avec le temps, fait qu'encore je suis là, et que vous aussi, vous êtes là. Je m'en étonne toujours... encore.
Ce qui, depuis quelque temps, me favorise, c'est qu'il y a aussi chez vous, y dans la grande masse de ceux qui sont là, un je n'en veux rien savoir. Seulement, tout est là, est-ce bien le même ?
Votre je n'en veux rien savoir d'un certain savoir qui vous est transmis par bribes, est-ce de cela qu'il s'agit chez moi ? Je ne crois pas, et c'est bien de me supposer partir d'ailleurs que vous dans ce je n'en veux rien savoir que vous vous trouvez liés à moi. De sorte que, s'il est vrai qu'à votre égard je ne puis être ici qu'en position d'analysant de mon je n'en veux rien savoir, d'ici que vous atteigniez le même il y aura une paye.
C'est bien ce qui fait que c'est seulement quand le vôtre vous apparaît suffisant que vous pouvez, si vous êtes de mes analysants, vous détacher normalement de votre analyse. J'en conclus qu'il n'y a, contrairement à ce qui s'émet, nulle impasse de ma position d'analyste avec ce que je fais ici.
L'année dernière, j'ai intitulé ce que je croyais pouvoir vous dire – ... ou pire, puis – Ça s'oupire. Ça n'a rien à faire avec je ou tu - je ne t'oupire pas, ni tu ne m'oupires. Notre chemin, celui du discours analytique, ne progresse
que de cette limite étroite, de ce tranchant du couteau, qui fait qu'ailleurs ça ne peut que s'oupirer.
C'est ce discours qui me supporte, et pour le recommencer cette année, je vais d'abord vous supposer au lit, un lit de plein emploi, à deux.
A quelqu'un, un juriste, qui avait bien voulu s'enquérir de ce qu'est mon discours, j'ai cru pouvoir répondre - pour lui faire sentir, à lui, ce qui en est le fondement, à savoir que le langage n'est pas l'être parlant - que je ne me trouvais pas déplacé d'avoir à parler dans une faculté de droit, puisque c'est celle où l'existence des codes rend manifeste que le langage, ça se tient là, à part, constitué au cours des âges, tandis que l'être parlant, ce qu'on appelle les hommes, c'est bien autre chose. Alors, commencer par vous supposer au lit, cela demande qu'à son endroit je m'en excuse.
Je n'en décollerai pas, de ce lit, aujourd'hui, et rappellerai au juriste que, au fond, le droit parle de ce dont je vais vous parler- la jouissance.
Le droit ne méconnaît pas le lit - prenez par exemple ce bon droit cou-tumier dont se fonde l'usage du concubinat, ce qui veut dire coucher en-semble. Pour ma part, je vais partir de ce qui, dans le droit, reste voilé, à savoir de ce qu'on y fait, dans ce lit - s'étreindre. Je pars de la limite, d'une limite dont en effet il faut partir pour être sérieux, c'est-à-dire pour établir la série de ce qui s'en approche.
J'éclaircirai d'un mot le rapport du droit et de la jouissance. L'usufruit - c'est une notion de droit, n'est-ce pas ? - réunit en un mot ce que j'ai déjà évoqué dans mon séminaire sur l'éthique, à savoir la différence qu'il y a de l'utile à la jouissance. L'utile, ça sert à quoi ? C'est ce qui n'a jamais été bien défini en raison du respect prodigieux que, du fait du langage, l'être parlant a pour le moyen. L'usufruit veut dire qu'on peut jouir de ses moyens, mais qu'il ne faut pas les gaspiller. Quand on a l'usufruit d'un héritage, on peut en jouir à condition de ne pas trop en user. C'est bien là qu'est l'essence du droit - répartir, distribuer, rétribuer ce qu'il en est de la jouissance.
Qu'est-ce que c'est que la jouissance ? Elle se réduit ici à n'être qu'une instance négative. La jouissance, c'est ce qui ne sert à rien.
Je pointe là la réserve qu'implique le champ du droit-à-la jouissance. Le droit n'est pas le devoir. Rien ne force personne à jouir, sauf le surmoi. Le surmoi, c'est l'impératif de la jouissance – Jouis !
C'est bien là que se trouve le point tournant qu'interroge le discours analytique. Sur ce chemin, dans ce temps de l'après-vous que j'ai laissé passer, j'ai essayé de montrer que l'analyse ne nous permettait pas de nous en tenir à ce dont j'étais parti, respectueusement certes, soit à l'éthique d'Aristote. Un glissement au cours des âges s'est fait, glissement qui n'est pas progrès, mais contour, qui, de la considération de l'être qui était celle d'Aristote, a conduit à l'utilitarisme de Bentham, c'est-à-dire à la théorie des fictions, démontrant du langage la valeur d'usage, soit le statut d'outil. C'est de là que je suis revenu à interroger ce qu'il en est de l'être, du souverain bien comme objet de contemplation, d'où on avait cru jadis pouvoir édifier une éthique.
Je vous laisse donc sur ce lit, à vos inspirations. Je sors, et une fois de plus, j'écrirai sur la porte, afin qu'à la sortie, peut-être, vous puissiez ressaisir les rêves que vous aurez sur ce lit poursuivis. J'écrirai la phrase suivante - La jouissance de l'Autre, de l'Autre avec un grand A, du corps de l'Autre qui le symbolise, n'est pas le signe de l'amour.
J'écris ça, et je n'écris pas après terminé, ni amen, ni ainsi soit-il.
L'amour, certes, fait signe, et il est toujours réciproque.
J'ai avancé ça depuis longtemps, très doucement, en disant que les sentiments, c'est toujours réciproque. C'était pour que ça me revienne - Et alors, et alors, et l'amour, et l'amour, il est toujours réciproque ? – Mais-oui, mais-oui ! C'est même pour ça qu'on a inventé l'inconscient - pour s'apercevoir que le désir de l'homme, c'est le désir de l'Autre, et que l'amour, si c'est là une passion qui peut être l'ignorance du désir, ne lui laisse pas moins toute sa portée. Quand on y regarde de plus près, on en voit les ravages.
La jouissance - jouissance du corps de l'Autre - reste, elle, une question, parce que la réponse qu'elle peut constituer n'est pas nécessaire. Ça va même plus loin. Ce n'est pas non plus une réponse suffisante, parce que l'amour demande l'amour. Il ne cesse pas de le demander. Il le demande... encore. Encore, c'est le nom propre de cette faille d'où dans l'Autre part la demande d'amour.
Alors, d'où part ce qui est capable, de façon non nécessaire, et non suffisante, de répondre par la jouissance du corps de l'Autre ?
Ce n'est pas l'amour. C'est ce que l'année dernière, inspiré d'une certaine façon par la chapelle de Sainte-Anne qui me portait sur le système, je me suis laissé aller à appeler l'amur.
L'amur, c'est ce qui apparaît en signes bizarres sur le corps. Ce sont ces caractères sexuels qui viennent d'au-delà, de cet endroit que nous avons cru pouvoir lorgner au microscope sous la forme du germen - dont je vous ferai remarquer qu'on ne peut dire que ce soit la vie puisque aussi bien ça porte la mort, la mort du corps, de le répéter. C'est de là que vient l'en-corps. Il est donc faux de dire qu'il y a séparation du soma et du germen, puisque, de loger ce germen, le corps porte des traces. Il y a des traces sur l'amur.
Eh bien, ce ne sont que des traces. L'être du corps, certes, est sexué, mais c'est secondaire, comme on dit. Et comme l'expérience le démontre, ce ne
sont pas de ces traces que dépend la jouissance du corps en tant qu'il symbolise l'Autre.
C'est là ce qu'avance la plus simple considération des choses. De quoi s'agit-il donc dans l'amour ? L'amour, est-ce – comme le promeut la psychanalyse avec une audace d'autant plus incroyable que toute son expérience va contre, et qu'elle démontre le contraire – l'amour, est-ce de faire un ? L'Éros est-il tension vers l'Un ?
On ne parle que de ça depuis longtemps, de l'Un. Y a d' l'Un, c'est de cet énoncé que j'ai supporté mon discours de l'année dernière, et certes pas pour confluer dans cette confusion originelle, car le désir ne nous conduit qu'à la visée de la faille où se démontre que l'Un ne tient que de l'essence du signifiant. Si j'ai interrogé Frege au départ, c'est pour tenter de démontrer la béance qu'il y a de cet Un à quelque chose qui tient à l'être, et, derrière l'être, à la jouissance.
Je peux vous dire un petit conte, celui d'une perruche qui était amoureuse de Picasso. A quoi cela se voyait-il ? A la façon dont elle lui mordillait le col de sa chemise et les battants de sa veste. Cette perruche était en effet amoureuse de ce qui est essentiel à l'homme, à savoir son accoutrement. Cette perruche était comme Descartes, pour qui les hommes, c'était des habits en ... pro-ménade. Les habits, ça promet la ménade - quand on les quitte. Mais ce n'est qu'un mythe, un mythe qui vient converger avec le lit de tout à l'heure. Jouir d'un corps quand il n'y a plus d'habits laisse intacte la question de ce qui fait l'Un, c'est-à-dire celle de l'identification. La perruche s'identifiait à Picasso habillé.
Il en est de même de tout ce qui est de l'amour. L'habit aime le moine, parce que c'est par là qu'ils ne sont qu'un. Autrement dit, ce qu'il y a sous l'habit et que nous appelons le corps, ce n'est peut-être que ce reste que j'appelle l'objet a.
Ce qui fait tenir l'image, c'est un reste. L'analyse démontre que l'amour dans son essence est narcissique, et dénonce que la substance du prétendu objectal - baratin - est en fait ce qui, dans le désir, est reste, à savoir sa cause, et le soutient de son insatisfaction, voire de son impossibilité.
L'amour est impuissant, quoiqu'il soit réciproque, parce qu'il ignore qu'il n'est que le désir d'être Un, ce qui nous conduit à l'impossible d'établir la relation d'eux. La relation d'eux qui ? - deux sexes.
Assurément, ce qui apparaît sur les corps sous ces formes énigmatiques que sont les caractères sexuels - qui ne sont que secondaires - fait l'être sexué. Sans doute. Mais l'être, c'est la jouissance du corps comme
tel, c'est-à-dire comme asexué, puisque ce qu'on appelle la jouissance sexuelle est marqué, dominé, par l'impossibilité d'établir comme tel, nulle part dans l'énonçable, ce seul Un qui nous intéresse, l'Un de la relation rapport sexuel.
C'est ce que le discours analytique démontre, en ceci que, pour un de ces êtres comme sexués, pour l'homme en tant qu'il est pourvu de l'organe dit phallique – j'ai dit dit – , le sexe corporel, le sexe de la femme - j'ai dit de la femme, alors que, justement, il n'y a pas la femme, la femme n'est pas toute - le sexe de la femme ne lui dit rien, si ce n'est par l'intermédiaire de la jouissance du corps.
Le discours analytique démontre – permettez-moi de le dire sous cette forme - que le phallus, c'est l'objection de conscience faite par un des deux êtres sexués au service à rendre à l'autre.
Et qu'on ne me parle pas des caractères sexuels secondaires de la femme, parce que, jusqu'à nouvel ordre, ce sont ceux de la mère qui priment chez elle. Rien ne distingue la femme comme être sexué, sinon justement le sexe.
Que tout tourne autour de la jouissance phallique, c'est précisément ce dont l'expérience analytique témoigne, et témoigne en ceci que la femme se définit d'une position que j'ai pointée du pas-tout à l'endroit de la jouissance phallique.
Je vais un peu plus loin - la jouissance phallique est l'obstacle par quoi l'homme n'arrive pas, dirai-je, à jouir du corps de la femme, précisément parce que ce dont il jouit, c'est de la jouissance de l’organe.
C'est pourquoi le surmoi tel que je l'ai pointé tout à l'heure dit Jouis ! est corrélat de la castration, qui est le signe dont se pare l'aveu que la jouissance de l'Autre, du corps de l'Autre, ne se promeut que de l'infinitude. Je vais dire laquelle - celle, ni plus ni moins, que supporte le paradoxe de Zénon.
Achille et la tortue, tel est le schème du jouir d'un côté d |