Le narcissisme
comme double direction
Lou
Andreas-Salomé
(4ème
partie)
Dans ce qu'on
appelle art, création artistique ou, plus
généralement, activité poétique au
lieu de pratique, on n'a pas besoin de déceler les balbutiements
narcissiques dans leurs reliquats comme les investissements d'objet
ou les systèmes de valeurs : cette création en part
toujours immédiatement, sur un chemin bien a elle, elle
procède en «instituant des valeurs » et en « investissant » narcissiquement
jusque dans ses dernières fins.
Nous tous,
au long de notre vie, a tout moment et lors de chaque impression,
nous disposerions de la même méthode,
si nous ne nous en débarrassions pas si fondamentalement,
par notre adaptation logique et pratique au monde du moi et du
réel, que le plus souvent nous ne pouvons retourner que
par le souvenir à ce moment où expérience
intérieure et incident extérieur répondaient
encore ensemble des mêmes événements.
Par conséquent, ce souvenir-là se distingue de la
mémoire dont Freud dit qu'elle semble « être
tout à fait accrochée à la conscience et doit être
distinguée nettement des traces mnésiques dans lesquelles
se fixent les expériences vécues de l'inconscient
(note en bas de page dans L'Inconscient); car celles-ci, il faut
les penser dans le domaine des « représentations de
chose agissantes et non pas dans le domaine des « représentations
de mot » (Freud) qui en sont dérivées et qui
ne sont que des conventions pour se comprendre, dont nous nous
emparons par la mémoire.
L'extrême précision, triomphe de la meilleure mémoire,
peut entrer ainsi dans un rapport inversement proportionnel à la
clarté du souvenir qui, efficace dans l'enchaînement
vivant des impressions, ne devient consciente qu'en longeant pour
ainsi dire la vie : nous avons une mémoire mais nous sommes
le souvenir.
C'est la seule
raison de la simple « copie » sans
art, elle ne concerne ni les enfants ni les primitifs dans la mesure
où ils peuvent prendre le réel pour des fantasmes
et le fantasmé pour le réel. C'est le mouvement simulé du
film qui caractérise le mieux le contraste avec ce qui est
mû par le souvenir : on pourrait même penser que de
telles actualisations du passé, n'aidant la mémoire
que trop bien, ont une influence mortelle sur le souvenir en le
désorganisant, en le désagrégeant dans sa
totalité fondamentale.
Le souvenir
n est-il pas d'une certaine façon non seulement
un accomplissement « pratique » mais également
un accomplissement « poétique »? Il est ainsi
en quelque sorte la part de poésie, réservée
a chacun de nous, résultat d'un passé créant
la distance et permettant une vue d'ensemble consciente, et résultat
d'une actualité et d'une affectivité toujours renouvelées,
même quand les deux ne s'unissent pas aussi créativement
que dans l’œuvre du poète.
La poésie est la continuation de ce que l'enfant a encore
vécu et de ce qu'il a dû sacrifier à sa croissance
pour la pratique de son être : la poésie est le souvenir
devenu parfait.
Or rien ne
ramènerait plus loin dans les impressions infantiles
que les refoulements supprimés et rien n'aspire de soi-même
avec plus de véhémence a une telle libération
par le souvenir que la vie infantile qui est encore complètement
assiégée par les commandements et les interdictions
des adultes.
Aux refoulements
infantiles s'en ajoutent d'autres, les plus récents
pour constituer ainsi le stock de traces mnésiques dont
la conscience ne peut disposer et qui attirent associativement
ce a quoi réagissent a' partir de la conscience les forces
repoussantes du refoulement. Ce qui permet de dire que sans amnésie
infantile il n'y a pas d'amnésie hystérique » (Freud,
Trois essais sur la théorie de la sexualité).
Déjà dans son étude sur Les Poètes
et l'Imagination, Freud a conçu l'art comme remède
contre les poisons du refoulement, et quels que soient les élargissements
qu'il a apportés par la suite a son travail à ce
propos, ce point capital n'a pas changé, même s'il
provoque souvent l'irritation des artistes par suite d'une interprétation
trop plate.
En effet, fréquemment on ne prête attention qu'au
fait que l'art satisfait des désirs qui autrement ne pourraient
se satisfaire soit qu'ils tombent sous le coup de la loi, ou qu'ils
soient pathologiques on néglige ainsi toute la portée
de la distinction de Freud entre le but « conscient» et « inconscient » du
désir.
Personne n'a
moins besoin de la satisfaction des désirs
personnels que l'artiste. Personne ne s'y enlise moins, voire ne
procède, dès le départ, en tant que créateur,
de satisfactions, au lieu de se mettre seulement a leur poursuite.
Par un retour
temporaire à une fusion plus originaire de
ce qui se sépare normalement pour nous en sujet et en objet,
il se délivre de son sens individuel et de son existence
particulière dans l'acte de créer bien mieux que
partout ailleurs : c'est précisément ce qui lui permet
de supprimer le refoulant, ce qui redonne a ses mouvements une
liberté comme s'ils étaient conformes au moi» au
sens d'une censure de la conscience (cf. Freud : « l'inconscient
devient pour cette seule constellation conforme au moi sans que
rien par ailleurs ne soit changé a son refoulement.
On ne peut
méconnaître en cette coopération
le succès de l'inconscient; les tendances renforcées
se comportent bien d'une autre façon que les tendances normales,
elles rendent possible une action particulièrement parfaite »).
Ce qui est ici capital c'est que nous ne retournons pas a notre
moi individuel tel qu'il se rapporte consciemment a' lui-même,
mais a ce fond commun à tous, a' l'enfance essentielle de
tous, comme d'ailleurs la jouissance des œuvres d'art ne peut
que s'y fonder.
Sans le vouloir,
l'artiste porte son public en lui-même,
avec lui-même, et d'autant plus qu'il a l'habitude de l'ignorer
plus complètement, absorbé qu'il est par l'acte de
créer. A mon avis, si l'on s'aperçoit dans le comportement
moral qu'en dernière analyse l'universel ne se laisse accomplir « moralement » que
de cas en cas » révélant dans cette contradiction
apparente avec soi précisément sa véritable
signification créatrice, alors ce qui surprend dans la fascination
la plus personnelle de l'artiste, c'est combien et à quel
point elle comprend en même temps l'universel pour s'y réaliser,
pour devenir œuvre.
Ce qui est
en apparence le plus subjectif se révèle
comme point de jonction du plus valable objectivement. Ce que confirme
l'expérience selon laquelle l'attitude créatrice
entre souvent en opposition, d'autant plus brutalement qu'elle
s'impose plus facilement et victorieusement, avec l'état
de la personne déterminé par ailleurs physiquement
ou psychiquement ressemblant ici effectivement au fœtus dont
la croissance conduit à des déplacements, à des
gênes dans le reste de l'organisme ou fait circuler dans
ses veines le poison de la mère.
Il n'est pas
rare que l'artiste se réveille de son ivresse
comme d'une ivresse obsessionnelle, avec le sentiment d'être
délivré, de pouvoir de nouveau penser à des
choses quelconques, de se laisser aller sans entrave a ce qu'il
y a de personnellement ou d'objectivement souhaitable.
Certes, l'artiste
se sentira alors souvent transformé par
ce qui a précédé comme si une grande part
de ce qui l'occupait le plus auparavant s'était réglée,
comme si s'étaient produits des renversements de valeur
qui donnaient un relief nouveau a des choses imperceptibles jusque-là,
rajeunissaient ce qui était vieux et faisaient vieillir
ce qui était jeune.
Il est intéressant d'étudier ces phénomènes
dans le sexuel. En effet, celui-ci reste avec ses complexes principaux
tout a fait au centre de la création, participant ainsi
profondément a la conception et pourtant seulement dans
la mesure où il est entré par son élaboration
dans un domaine d'où le plaisir personnel se trouve en quelque
sorte écarté, c'est-à-dire dans la mesure
où le point central s'est totalement déplacé de
l'environnement personnel.
Quand ce déplacement a échoué, fût-ce
a un degré infime, la satisfaction des fantasmes, voulue
personnellement, signifie aussitôt échec dans la création.
Car si l'artiste a besoin de la régression a ce qu'il y
a de plus infantile, donc à ce qu'il y a de plus influencé par
le corps, c'est pourtant lui seul qui s'y comporte en « créant ».
La part de
l'Eros dans les créations de l'esprit - aussi
violents que soient les reproches faits à Freud de l'avoir
rappelé - appartient sans doute aux connaissances les plus
anciennes et au fond il devrait également aller de soi que
seules entrent ici en ligne de compte les parts que nous ne déchargeons
pas directement dans le but normal mais que nous conservons donc
dans un état infantile, à l'encontre de ce but.
Or, ces parts
de leur côté ne prennent une signification
créatrice que grâce au concours du refoulement : si
ce n'est que ce dernier, au lieu de e « désinfantiliser » et
de « génitaliser », se rapporte à une « décorporalisation » du
polymorphe infantile originaire. On pourrait dire : la création
artistique écosse en quelque sorte du corporel le noyau
fertile qui se développe en tous sens dans l’œuvre.
Pour citer
Ernest Jones (dans son excellente étude : « La
conception par l'oreille de la Vierge », Jahrbuch, IV) dans
l'art, «la réaction contre la sexualité est à la
base de l'aspiration, la sublimation de la sexualité est à la
base des formes que prend l'aspiration ». Que désir
et réaction doivent être ici largement représentés
tous les deux, Schopenhauer en a fait la base de sa fameuse expérience,
c'est-à-dire céder à l'excitation sexuelle
pour ensuite dévier subitement, du point d'extrême
intensité, dans le travail de l'esprit.
On serait tenté de croire que des expériences de
ce genre devraient se confirmer non seulement en ce qui concerne
la participation de pulsions spécifiquement sexuelles, mais
de toute pulsionnalité, par exemple aussi de motions stigmatisées
comme « méchantes auxquelles nous cédions encore
automatiquement par simple insouciance infantile.
Le désir encore amoral, tout près de son renversement
de l'indistinct narcissique en quelque chose d'étriqué nettement ég6iste,
peut bien contenir, dans cette transition, des possibilités
que l'homme ne saisit pas complètement dans ses actes mais
seulement dans son imagination créatrice. La « sexualité,
comme la méchanceté »n'est-elle pas dans ce
sens seulement, mais là réellement davantage la propriété du
créateur?
Quand Goethe
assure qu'il ne connaît « aucun crime
qu'il n aurait pu avoir commis lui aussi », il ne vise pas
l'homme le plus individuel mais le plus typique, l'homme qui contient
encore tout comme dans l'enfance, le plus puissant quant au but
sur la voie de la création artistique, mais aussi tout bonnement
l'homme le plus dangereux. (Il s'agit de « comprendre que
les objets préférés des hommes, leurs idéaux,
découlent des mêmes perceptions et expériences
que les objets qu'ils ont le plus en horreur; ils ne se distinguent
les uns des autres, à l'origine, que par d'infimes modifications » [Freud,
Métapsychologie].)
Si l'homme
dérape de son état de création,
il se voit terriblement suspendu entre deux néants ni en
sûreté dans l’œuvre, ni dans le monde de
la réalité où il est devenu douteux pour le
jugement des autres comme pour le sien propre, c'est-à-dire
pour sa particularité au sein des valeurs du monde pratique.
Si déjà les arrêts et les troubles dans le
travail font apparaître les artistes comme des névrosés,
la dangereuse condition fondamentale de toute création les
assimile presque à l'état psychotique : en ce que
leur activité la plus authentique se fait, si j'ose dire,
dans le dos de leur moi.
Au cours d'observations
répétées, je me suis
rendu compte avec quelle facilité pouvait se produire un
retour à des infantilismes d'ordre sexuel lors d'une chute
imprévue du comportement productif (confirmant la remarque
de Freud : « Ce qu'il y a de plus élevé et
ce qu'il y a de plus bas, dans la sexualité, montrent partout
les plus intimes rapports » (Trois essais sur la théorie
de la sexualité).
Ici se renforce
normalement la crainte qu'il ne s'agisse pas seulement d'une
interruption provisoire mais d'une baisse des facultés
intellectuelles. C'est d'autant plus regrettable que les états
de création peuvent nécessiter souvent ce genre d'arrêts,
d'interruptions, ces pauses récréatives de la conscience à laquelle
se dérobe le travail qui continue en secret, un peu comme
le retrait de la sève dans le tronc se soustrait à l’œil,
cependant que les arbres répandent toute la mélancolie
de leur feuillage pâli et vidé.
C'est que nous
nous jugeons à partir de l’œil
interrogateur de la conscience que nous dirigeons sur nous depuis
que nous avons franchi la frontière de l'enfance; et ce
regard qui juge et condamne est alors le plus implacable et le
plus perçant, de même que les pulsions s accumulent
et se renforcent le plus ici à cette frontière.
On a donc l'impression
que le créateur devrait goûter
encore une fois le paradis tout comme l'enfer de l'enfance.
Nous ne sommes
aliénés de notre moi de façon
inoffensive que dans notre petite psychose nocturne, dans notre état
de création de nuit, dans le rêve qui a souvent été comparé a
l’œuvre d'art primitive. Ce en quoi il ressemble particulièrement
a la création, c'est l'énorme objectivité avec
laquelle il nous présente son contenu, conférant
même a l'imbroglio le plus embrovillé la force étonnante
d'une forme, d'une création convaincante.
Mais a mon
avis ce n'est même pas celle-ci qui en constitue
l'élément artistique : c'est seulement cette faculté du
rêve de satisfaire à tant d'exigences, sans qu'il
soit influencé par notre opinion personnelle à son
sujet. On connaît la question agacée de Lichtenberg
pourquoi diable les poètes eux-mêmes sont-ils incapables
de faire revivre des personnages étrangers de façon
aussi Juste, aussi savante et aussi libre de nos propres préjugés
que le fait sans effort le rêve?
Pour moi, cela
a toujours été une preuve très
profonde de ce que dans le narcissisme sain et intact, cet élément
supra-subjectif est en lui-même efficace, c'est-à-dire
que ses satisfactions du désir ne peuvent s'empêcher
de créer a partir d'une profonde identification avec tout,
parce que cela seul correspond a sa tendance spontanée.
C'est dans
le texte du rêve, manifeste et latent, que l'on
trouve des fragments de cette sorte, qui ne tiennent pas compte
de ce qui est souhaitable personnellement, qui privent le rêveur
par rapport a d'autres et qui, si l'on remonte assez loin psychanalytiquement
en eux, conduisent au narcissisme qui englobe encore tout.
Sauf que dans
le rêve dort un Homère qui pourrait
en faire profiter les œuvres. En revanche, dans les rêves éveillés,
où la suprématie intellectuelle ne dort pas, où elle
pourrait tant faciliter des observations de ces faits, il manque
cette identification narcissique avec son objectivité involontairement
généreuse les désirs du moi l'emportent et
détruisent, dans la complaisance passive envers eux-mêmes,
la création active de formes.
Dans l’œuvre également, il peut y avoir des
points où parlent en traître le rêve ou bien
le rêve éveillé c'est-à-dire un travail
insuffisant de la conscience ou bien un refoulement insuffisant
du moi - des points où l'analyse peut intervenir avec un
succès particulier, alors que la réussite artistique
complète se soustrait a toute prévision, qu'elle
ne permet pour ainsi dire pas de suivre sur l'envers du tissu multicolore
la chaîne des fils et les nœuds.
Ainsi en dehors
de toute « question de talent », à laquelle
il faut remonter chez l'artiste, la nécessité d'objectivation
est déjà présente dans l'identification narcissique
comme le fondement de toute création. La poussée
vers l’œuvre, la volonté de formes résultent
dans toute sa puissance, de cette unité encore indistincte
du passif et de l'actif dont nos états moyens, davantage
marqués par la conscience et davantage dérivés,
ne savent plus grand-chose, et que, pour cette raison, notre langue
effiloche en deux phénomènes séparés
(bien que, du point de vue biologique, « excitabilité » et « réaction
soient pour nous une même manifestation de la vie).
Par le fait
que les créations artistiques doivent s'imposer
en dehors du cours de la vie pratique, dans leur réalité,
elles lient leur façon de vivre les événements
a' la répétibilité; ce qui est devenu forme
c'est ici : persévérer dans l'existence, le présent,
l'être, par une détermination immuable jusque dans
le dernier et extrême détail, si bien que le tout
devient vivant pour nous dans notre recréation intérieure
et dans notre plaisir. Les enfants, dans la fraîcheur de
leur imagination, savent de quoi il retourne quand ils veulent
réentendre d'une façon absolument identique un récit
et qu'ils dénoncent tout changement qu'on y apporte comme « mensonge »,
comme agression contre une existence positive.
Ce respect
de la forme, pour lequel la forme est encore un contenu dans
un sens plus profond et vice versa, ce respect fait que souvent
les enfants semblent artistiquement plus doués que cela
ne se vérifie par la suite; c'est qu'ils possèdent
encore un terrain pour «jouer au sein de la réalité pratique
et logique qui ne les assiège pas encore de tous côtés
et qui ne renvoie pas encore le « produit originaire »,
en passant par le monde et le moi, dans une tout autre catégorie.
Ainsi jouant
et bienheureux, l'artiste vivrait son œuvre,
s'il ne s'agissait pas, après l'avoir reçue en cadeau,
de la traduire, tout comme les rêves ne peuvent être
sauvés de la disparition que par une « élaboration
secondaire». Or, il ne s'agit pas de quelque chose qui se
fait petit à petit, qui doit d'abord être élaboré,
mais de quelque chose qui est la, d'une existence, dont il faut
simplement écarter les voiles qui peuvent s'épaissir,
devenir soudainement opaques, et voilà qui constitue l'effort épuisant
du travail, sa hâte et son angoisse.
Sans ces trois
aspects trop humains inséparables de toute
création la lutte contre les refoulements à y éliminer,
le danger de dérailler dans une matérialité infantile,
enfin sans cette surtension impatiente, la création serait
une « méthode pour atteindre à une vie bienheureuse » telle
que rien d'autre au monde ne la connaît, une orgie de plénitude
où l'ivresse et la paix s'unissent dans la même expérience
inédite.
Ce n'est pas
sans motif que ces périodes, avant même
que la conscience ne s'aperçoive de leur approche, sont
normalement précédées, tel un héraut,
par la joie (en opposition avec une autre joie que nous savons
plus ou moins fondée, qui ressemble à la manie, comme
du reste aussi le fait d'en être exclu fait davantage penser à la
mélancolie pathologique qu'au deuil normal qui suit une
perte).
Si tant est
que nous les trouvions quelque part, c'est dans l'élément
créateur que nous trouvons les couleurs et les images par
lesquelles le presque divin se transforme en terrestre. Et si l'homme
s'imagine un Dieu comme créateur du monde, c'est non seulement
pour expliquer le monde mais également la nature narcissique
- de ce Dieu : qu'il contienne, ce monde, le mal et la méchanceté en
quantité, la foi religieuse ne s'anéantirait qu'en
présence d'un Dieu qui n'oserait devenir œuvre, devenir
monde.
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