Femmes
et révolution française

OLYMPE
DE GOUGES
guillotinée 1748 - 1793
Perçue comme hérétique
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, écrite
par Olympe de Gouges en 1791
Les droits de la femme …
par Marie Gouze, dite Olympe de Gouges
Homme,
est-tu capable d'être juste ? C'est une femme qui
t'en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce
droit. Dis-moi ? Qui t'a donné le souverain empire d'opprimer
mon sexe ? Ta force ? Tes talents ? Observe le créateur
dans sa sagesse ; parcours la nature dans toute sa grandeur, dont
tu sembles vouloir te rapprocher, et donne-moi, si tu l'oses, l'exemple
de cet empire tyrannique. Remonte aux animaux, consulte les éléments, étudie
les végétaux, jette enfin un coup d'œil sur
toutes les modifications de la matière organisée
; et rends-toi à l'évidence quand je t'en offre les
moyens ; cherche, fouille et distingue, si tu peux, les sexes dans
l'administration de la nature. Partout tu les trouveras confondus,
partout ils coopèrent avec un ensemble harmonieux à ce
chef -d'œuvre immortel.
L'homme
seul s'est fagoté un principe de cette exception.
Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré,
dans ce siècle lumières et de sagacité, dans
l'ignorance la plus crasse, il veut commander en despote sur un
sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles
; il prétend jouir de la révolution, et réclamer
ses droits à l'égalité, pour ne rien dire
de plus.
Merci à
: http://www.cidem.org/cidem/themes/egalite_hommes_femmes/ega_infos/textes_de_ref/ega_t007.html
De la liberté intellectuelle à la
guillotine
Ecrivant de
nombreux articles, placards, pamphlets pour diffuser ses idées égalitaires, Olympe de Gouges est vite
rejetée y compris des sphères intellectuelles qui
l’avaient accueillie à ses débuts, lorsqu’elle
ne se préoccupait que de théâtre. Dès
lors qu’elle choisît d’avancer sur le terrain
des idéaux politiques, elle a été, parce que
femme, poursuivie pour ses écrits, ne parvenant ni à infléchir
les réformes. Elle sera guillotinée en 1793…
Elle
rédige également des pamphlets contre Marat et
Robespierre. Lors du procès de Louis XVI, elle tente de
défendre le roi, qu’elle ne juge pas coupable en
tant qu’homme mais uniquement comme souverain...
Pour
plus d'informations :
http://www.histoire-en-ligne.com/article.php3?id_article=195 et
http://perso.club-internet.fr/la_pie/forgenot/olympe.htm
Anne
Josèphe
Terwagne
dite
Théroigne de Méricourt
1762
- 1817
Révolutionnaire française (Marcourt, Belgique, 1762 — Paris,
1817).
Fille de paysans, elle arriva à Paris à l'âge
de 17 ans, et se lia avec des personnages importants de la Révolution.
Elle parcourut les clubs, assista à la prise de la Bastille
et prit part à toutes les grandes journées révolutionnaires
de cette époque, en particulier celle dut 10 août,
où elle fit massacrer Suleau. Faisant figure d'«Amazone
de la liberté», elle eut une très grande influence
sur le peuple. Cependant, voulant prendre la défense des
Girondins, le 31 mai 1793, elle fut fouettée publiquement
par les tricoteuses. Elle sombra dans la démence peu après
et mourut internée à la Salpêtrière.
Charlotte Corday
1768 - 1793
guillotinée

Née à Saint-Saturnin
des Ligneries (Normandie) en 1768, morte à Paris en 1793,
Charlotte Corday, arrière-petite-nièce de Corneille,
est issue d’une
famille de petite noblesse. Elevée au couvent puis placée
en pension à Caen auprès d’une parente veuve
du trésorier de France, Coutellier de Bretteville elle se
familiarise avec les auteurs de l’Antiquité, lit Rousseau
et s’enthousiasme pour les idées nouvelles.
Assassinat
de Marat par Charlotte Corday - dessin de l'époque
- Musée Lambinet

Elle s’intéresse à la politique, indignée
des outrances de Marat, le « massacreur de Septembre »,
elle lui reproche de pousser à la guerre civile pour devenir
dictateur. Après le 2 juin 1793, elle rend visite aux députés
girondins [1] proscrits et s’enthousiasme pour l’ardeur
des Caennais qui s’enrôlent pour aller délivrer
Paris des « anarchistes ». 
Arrestation
de Charlotte Corday - lavis de Boilly - Musée
Lambinet
Né à Hérouël en Picardie le 12 juin 1746,
mort à Paris le 7 mai 1795, Fouquier-Tinville est issu d’une
famille paysanne relativement aisée. Son éducation
qui est confiée à des maîtres de collège
religieux va le rendre travailleur acharné, avec une volonté obstinée
de réussir. À l’audience, sans distinction d’opinions,
de sexe, d’âge ou de classe, il refuse généralement
d’accorder la parole et use même de facéties à l’encontre
des futures victimes. Il ira jusqu’à proposer de monter
une guillotine dans la salle même du tribunal ! Il requiert
dans ces conditions la peine de mort contre Marie-Antoinette, Philippe Égalité,
les vingt-deux députés girondins, Hébert, Danton,
Camille Desmoulins et il a même le front de constater officiellement à la
barre, au 10 thermidor, l’identité de son maître
blessé qu’on va exécuter sans procès comme
hors-la-loi : Robespierre. Il enverra ainsi
plus de deux mille personnes à l’échafaud
dont la très malheureuse Charlotte Corday.
Charlotte
Corday conduite à l'échafaud
- lavis anonyme - Musée Lambinet
http://www.diagnopsy.com/Revolution/Rev_056.htm
Manon Rolland
1754 - 1793
Guillotinée
Ô liberté, que de crimes on commet en ton nom ! Madame
Rolland aurait crié ces mots sur l'échafaud en
se tournant vers la statue de la liberté qui ornait la place
de la Révolution (rebaptisée place de la Concorde
en 1795).
Il
n’empêche que Manon Rolland qui n’aimait
pas Danton, en inspirant ses amis, commettra une grave faute politique
qui la conduira, elle et son parti à la guillotine. Ulcéré,
Danton n’oubliera les attaques persistantes dont il fait
l’objet et s’en souviendra lors des journées
des 31 mai 2 juin 1793.
Manon
Rolland devient rapidement la muse du club des Girondins (ou
Brissotins). Fondé en octobre 1791 par un certain nombre
de députés de la Gironde, dont Brissot, Guadet ou
Vergniaud, ce groupe politique réunit aussi Jean-Marie Rolland
de La Platière (Ministre de l'Intérieur en 1792),
sa femme Manon, Buzot, Condorcet, Pétion, Pache, Louvet,
Barbaroux ou Gensonné. Les Girondins, modérés,
occupent le devant de la scène Révolutionnaire jusqu'en
1793.
Mais calomniés par les Montagnards et la Commune, ils sont
arrêtés le 2 juin 1793 sur ordre de la Convention,
notamment sous l'impulsion de Danton et de Robespierre, qui s'inquiètent
de voir les Girondins vouloir sauver le Roi et s'élever
contre la mise en place du Tribunal Révolutionnaire. Les
Girondins seront guillotinés entre le 31 octobre et le 8
novembre 1793. Jean-Marie Rolland qui a réussi à s'enfuir
et à se réfugier à Rouen se donne la mort
de deux coups de poignard le 15 novembre, lorsqu'il apprend la
mort de sa femme.
Ces mots viennent
en écho à ceux des Montagnards,
qui affirmaient "pas de liberté pour les ennemis de
la liberté".
C'est
la femme de la Révolution qui fut la moins décriée.
C'est grâce à ses mémoires qu'elle est restée
célèbre. On l'estime parce qu'on apprécie
sa discrétion. Son soutien pour les trissotins explique
pourquoi elle fut guillotinée, elle fut accusée de
crime d'influence . Il lui sera reproché une attitude dédaigneuse,
son désir d'être savante et son oubli du devoir de
son sexe.
C'est l'unique femme qui verra son effigie marquée sur un
timbre lors du bicentenaire de la Révolution.
La Révolution s'enfonçant dans la guerre, le rôle
dévolu à chaque sexe sera encore plus affirmé dans
la logique obsidionale qui va marquer la France jusqu'à l'avènement
de Napoléon.
Les
Parisiens n’en manquèrent pas du 2 au 6 septembre
de la même année : 1300 détenus furent tués
dans les prisons parisiennes. Les descriptions des contemporains
de l’événement sont apocalyptiques.
" les femmes brutalement violées avant d’être
déchirées par ces tigres, les boyaux coupés,
portés en rubans, des chairs humaines mangées sanglantes… "
Voici
ce qu’écrit par exemple Manon Rolland quelques
jours plus tard sur le sujet : "Cette purge sanglante des
prisons est interprétée alors comme un extraordinaire
dérapage de la Révolution : le peuple, assoiffé de
sang, est devenu incontrôlable."
L’évocation de la mort atroce de Madame de Lamballe
nous fait encore frémir : "après avoir subi
de nombreux sévices, le corps de cette suivante de Marie-Antoinette
aurait été dépecé et exposé sous
les fenêtres de la prison du Temple, où la famille
royale était enfermée."
Quelques citations :
« Présenter aux femmes des motifs pour excuser leurs fautes, c'est le plus sûr moyen de leur en faire commettre. »
Extrait de ses Mémoires
« Le soin de me soustraire à l'injustice me coûte plus que de la subir. »
Extrait de ses Mémoires
« Le brigand qu'on persécute, l'homme exalté qui injurie, le peuple trompé qui assassine, suivent leur instinct et font leur métier. Mais, l'homme en place qui les tolère, sous quelque prétexte que ce soit, est à jamais déshonoré. »
Extrait d'une Lettre au ministre de l'intérieur - Juin 1793
« Se glorifier de ses ancêtres c'est chercher dans les racines des fruits que l'on devrait trouver uniquement dans les branches. »
« O liberté ! Que de crimes on commet en ton nom ! »
Dernières paroles sur l'échafaud
Des femmes oubliées... :
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