psychanalyse et poésie anne marie bourrelly
   
 
 

Anne-Marie Augustina Bourrelly
Psychanalyste
Paris

"Vénérables, c'est seulement en commettant les cinq actes sans intermission, que l'on peut obtenir la délivrance."

On demanda : "Quels sont les cinq actes sans intermission ?"
Le maître dit : "Tuer son père, tuer sa mère, faire couler le sang d'un Buddha, briser la communauté unie, brûler des textes et des icônes : voilà les cinq actes sans intermission."

1. On demanda : "Qu'est-ce que le père ?"
Le maitre dit : "Le père c'est inscience.  Si vous savez ne pas rechercher, fût-ce dans la mesure d'une seule pensée, tout ce qui est soumis à production et à destruction, et que vous vous rendiez pareil à l'écho qui répond au vide, et sans affaires en quoi que ce soit, vous tuez le père."

2. On demanda : "Qu'est-ce que la mère ?"
Le maître dit : "La mère, c'est la concupiscence. Si, entrant, fût-ce dans la mesure d'une pensée, dans le Plan du Désir pour y chercher les objets de la concupiscence, vous n'y voyez que le caractère vide de toutes choses et que vous sachiez être sans attachement à quoi que ce soit, vous tuez la mère."

3. On demanda : "Qu'est-ce que faire couler le sang d'un Buddha ? "
Le maitre dit :"Si vous ne vous livrez à aucune pensée d'interprétation concernant le domaine des choses pures, mais que vous vous teniez à tous égards dans la ténèbre, vous faites couler le sang d'un Buddha."

4. On demanda : "Qu'est-ce que briser la communauté unie?"
Le maitre dit : "Si d'une seule pensée vous comprenez que les passions, ces émissaires qui vous lient, sont sans appui comme le vide, vous brisez la communauté unie."

5. On demanda : "Qu'est-ce que brûler des textes ou des icônes ?"
Le maitre dit : "Voir la vacuité de la causalité, la vacuité de la pensée, la vacuité des choses, et prendre d'une seule pensée la décision d'y couper court afin de se tenir au large des affaires, c'est là brûler les textes et les icônes."
Entretiens de Lin-Tsi Fayard

La transmission - 87 -

Lorsque le maître approcha de la transformation de transfert* , il se tint à son siège et dit : "Après mon extinction, il ne faudra pas laisser s'éteindre mon Trésor (tsang) de l'Œil de Vraie Loi** ( dharma-caksus)."

San-cheng (disciple de Lin-tsi) sortit (de l'assemblée) et dit : "Comment oserions-nous, révérend, laisser s'éteindre votre Trésor de l'Œil de Vraie Loi ?"

Le maître dit : "Si plus tard les gens t'interrogent, que leur diras-tu ?"

San-sheng alors fit Khât² .

Le maître dit : "Qui l'eût su, que mon Trésor de l'Œil de Vraie Loi s'éteindrait avec cet âne aveugle*** !"

Ce qu'ayant dit, il se redressa bien droit ; et manifesta la quiétude**** (che-tsi) Entretien de lin-tsi ed. Fayard

* transformation de transfert :  Sa mort
** l'Œil de Vraie Loi : Oeil religieux par opposition à profane ; le Trésor de la Vraie Loi, la remise de sa succession spirituelle à son disciple.
*** s'éteindrait avec cet âne aveugle : La tradition unanime comprend cette injure comme un éloge du maître, sanctionnant san-cheng comme son successeur.
**** che-tsi : Il mourut.
Khât² : C'est une éructation, procédé inimitable de la maïeutique tch'an (en japonais zen), lin-tsi passe pour en avoir été le virtuose le plus consommé sinon l'inventeur. Ne vient-il pas de dire que, s'il était fidèle à ses principes, il n'ouvrirait pas la bouche ? L'interlocuteur s'incline sans rien dire non plus. Entretiens de Lin-Tsi Fayard

20.b La passe

"Adeptes, voulez-vous voir les choses conformément à la Loi ?
Gardez-vous seulement de vous laisser égarer par les gens.
Tout ce que vous rencontrez, au-dehors et (même) au-dedans de vous-mêmes, tuez-le.

Si vous rencontrez un Buddha, tuez le Buddha !
Si vous rencontrez un patriache, tuez le patriarche *!
S vous rencontrez un Arhat, tuez l'Arhat !
Si vous rencontrez vos père et mère, tuez vos père et mère !
Si vous rencontrez vos proches, tuez vos proches !
C'est là le moyen de vous délivrer, et d'échapper à l'esclavage des choses ;
c'est là l'évasion, c'est là l'indépendance !"
Entretiens de Lin-Tsi Fayard

*Opuscules de Tch'an des Song "la passe sans porte" ou "la passe qui a pour porte le rien" Wou-men kouan, Taishô.

Pétition à signer contre l'allongement de la protection du droit d'auteur

Vous connaissez peut-être le site internet : " Les classiques des sciences sociales "


Cette bibliothèque numérique francophone est le résultat d'un énorme travail bénévole de Jean Marie Tremblay en coopération avec près d'une vingtaine de personnes qui oeuvrent avec lui depuis plus de deux ans maintenant. Elle abrite actuellement plus de 570 ouvrages classiques, en texte intégral, permettant ainsi un accès facile et gratuit à la connaissance grâce au vaste patrimoine intellectuel qu'elle met à la disposition de chacun.

Du fait des contraintes associées aux droits d'auteurs, cette bibliothèque ne peut référencer que des ouvrages dont l'auteur ou le traducteur est décédé depuis au moins cinquante ans. Or, cette limitation apportée au droit à la connaissance est aujourd'hui en passe d'être aggravée. À la demande de Walt Disney, la Cour Suprême des États-Unis vient de prolonger de 20 ans les droits de copyright. La contrainte des droits d'auteurs passe ainsi de 50 à 70 ans, et il est même envisagé d'en prolonger certains jusqu'à 120 ans. Une fois de plus, l'absolutisme du droit au profit s'impose avant un droit fondamental , celui du droit au savoir .

Refusons les lois prolongeant la protection des droits d'auteur, lois qui menacent la libre diffusion du savoir ! Chacun peut soutenir le droit au savoir, et la bibliothèque des " Classiques des sciences sociales ", en allant signer la pétition qui s'y trouve.

«  Le livre, comme livre, appartient à l'auteur, mais comme pensée, il appartient - le mot n'est pas trop vaste - au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l'un des deux droits, le droit de l'écrivain et le droit de l'esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l'écrivain, car l'intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous  ». Victor Hugo

Yi -King : Le Yi king est considéré par les Chinois comme le plus antique monument de leur littérature ; toutes les écoles sont d’accord sur ce point.
D’après un passage des Rites de Tsheou, le magistrat chargé de la surintendance de la divination avait dans ses attributions la surveillance des règles posées par les trois livres appelés Yi, ou des Changements. Le premier de ces trois livres était intitulé Lien shan, Chaîne des montagnes, c’est-à-dire succession ininterrompue de montagnes. Ce titre provenait de la classification adoptée des hexagrammes, dont le premier figurait « la montagne sur la montagne » ; le symbole adopté était les nuages émanant des montagnes. Le second était intitulé Kouei mang, Retour et Concèlement, parce qu’il n’était aucune question qui ne pût y être ramenée et que toutes s’y trouvaient cachées et contenues. Le dernier avait pour titre Tsheou yi, Changements dans la révolution circulaire, ce qui exprimait que la doctrine du livre des changements s’étend à tout et embrasse toutes choses dans son orbe. Cette explication des titres de ces trois ouvrages est personnelle à son auteur et n’est appuyée sur aucun texte faisant autorité elle n’est plus admise par personne ; je la crois cependant plus près de la vérité que les autres, qui vont suivre...

CHEU KING (Shijing) : Le Cheu king de K’ang hi donne d'abord le texte et les explications de Tchou Hi, puis les remarques de différents auteurs. Les compilateurs impériaux ajoutent souvent un appendice, et enfin l'exposé de leurs propres opinions, qu'ils ont soin d'appuyer, quand ils le peuvent, sur le commentaire SIU attribué à TZEU HIA, disciple de Confucius, et à MAO TCH’ANG, lettré du deuxième siècle avant notre ère. Les idées de Tchou Hi y sont plus d'une fois combattues. Elles ne sont donc pas tellement imposées qu'il ne soit jamais permis de s'en écarter. Les divergences sur les points importants sont notées dans le Cheu king pei tcheu en tête des pages, avec le titre Jugement de la commission impériale, et mises sous les yeux de tous les maîtres et de leurs élèves, comme un supplément ou un correctif autorisé et en quelque sorte officiel.

CHOU KING (Shujing) : En 213 avant notre ère, les livres classiques furent condamnés au feu par Chéu houâng, de la dynastie des Ts’în. Un lettré nommé [ ] ou Fŏu chēng, de Ts’i nan, capitale du Chan toung, conserva vingt-huit ou vingt-neuf chapitres du Chou king, soit dans sa mémoire, comme le dit K’òung Ngān kouŏ, descendant de Confucius, soit sur des tablettes tenues cachées, comme le raconte Sēu mà Ts’iēn. Il les rendit au public, quand vint la restauration des lettres sous les Hán. Vers l’année 150 avant J. C., K’oung Ngan kouo déchiffra et annota cinquante-huit chapitres du Chou king retrouvés sur des tablettes dans un mur de la maison de Confucius. Sa collection, qui était écrite en vieux caractères imitant la forme du têtard kouō teòu tzéu, fut appelée kòu wênn ancienne transcription ; celle de Fou cheng, en caractères plus récents ; fut nommée kīn wênn transcription moderne. Tchou Hi a laissé des remarques sur différents passages du Chou king. Nous avons cité son témoignage touchant la croyance des anciens à l’existence de l’âme après la mort, et à l’existence d’un Chang-ti, roi du ciel, maître et gouverneur du monde. (Part. III, Chap. VII. 14, page 145, et Chap. VIII. 2, page 154). Il n’a pas entrepris l’explication complète de tout l’ouvrage. Son disciple Ts’ái Tch’énn a rempli cette tâche.Il est le commentateur officiel. Si son interprétation n’est pas toujours la meilleure, elle est du moins la plus autorisée, et la seule suivie dans les écoles. En conséquence, elle s’imposait au traducteur, qui se propose de reproduire l’enseignement classique. Le texte de Ts’ai Tch’enn et les éclaircissements nécessaires ont été fournis par le [ ] préparé sur l’ordre de K’ang hi et publié sous le règne de Ioung tcheng.

Confucius HIAO KING (Le livre de la Piété Filiale) : Le Hiao-king ou Livre Canonique sur la Piété Filiale, est, dit-on vulgairement, le dernier ouvrage de Confucius, et fut composé l’an 480 avant J.-C. Les Savants ont fait un grand nombre de dissertations pour examiner et constater si ce petit dialogue est véritablement de ce sage. Ce qu’on y voit de plus clair, c’est qu’on le lui a toujours attribué, et qu’il n’est pas historiquement démontré qu’il en soit l’Auteur. Cependant, comme plusieurs Empereurs, quelques anciens historiens et de très célèbres critiques articulent nettement que c’est le Socrate de la Chine qui sa composé, on peut, ce semble, se ranger de leur avis, qui est le plus universellement suivi depuis bien des siècles, et n’a plus eu de contradicteurs dans ces derniers temps.

I-LI CÉRÉMONIAL (Yili) : Lì, Marche ou action, ce qu’on fait pour servir les esprits et obtenir les bienfaits du ciel. En philosophie, il désigne l’une des quatre vertus que Meng tseu, Livre VI, Ch. I. 6, dit être innées dans le cœur de tous les hommes, C’est la vertu qu’il définit le sentiment naturel des bienséances et du respect. Lì signifie rite religieux, cérémonie civile, bienséance, urbanité, politesse, courtoisie, honnêteté, respect, témoignage de respect, égards, convenance, décence, bonnes manières, bonne tenue, bonne conduite, observance, devoir, ordre social, loi sociale, loi morale, usage, coutume, rituel, cérémonial, règle de conduite, règle concernant les relations sociales. Trois ouvrages anciens portent le nom de Li ; on les appelle les trois Li. Ce sont le Tcheōu lì, le Î lì et le Lì kí. Les deux premiers furent composés sous la dynastie des Tcheou. (1122-249 ).

L’INVARIABLE MILIEU (Tchoung young, Zhongyong) : Ce traité, le plus important du Li Ki, est communément attribué à K’òung Kĭ ou Tsèu sēu, fils de Pē iū et petit-fils de Confucius. Avec le Tá hiŏ, trente-neuvième chapitre du Li ki, il a été adjoint au Liûn iù et aux œuvres de Méng tsèu pour former les Séu chōu Quatre livres.
Ce qui est à égale distance des deux extrêmes s’appelle tchōung milieu. Ce qui ne change pas s’appelle iôung. On appelle tchōung milieu, ce qui est à égale distance des deux extrêmes, n’incline ni d’un côté ni de l’autre, et atteint les limites prescrites sans les dépasser. Iôung signifie ordinaire, régulier, constant. D’après Tch’éng K’āng tch’êng et K’òung ing ta, iôung signifie usage, pratique, méthode ; et ce traité est intitulé Tchōung iôung, parce que l’auteur explique la manière de maintenir l’équilibre et l’harmonie des passions ou sentiments de l’âme, ou la manière de garder le juste milieu et de maintenir l’harmonie des passions. Ainsi, d’après les anciens commentateurs, Tchōung iôung signifie Pratique de l’équilibre et de l’harmonie des passions. D’après Tch’eng tseu et son disciple Tchou Hi, il signifie Milieu constant ou Invariable milieu.

LA GRANDE ÉTUDE (Ta hio, Daxue) : TCHOU HI : Mon maître Tch’eng tzeu dit : « La Grande Etude est l’œuvre de Confucius et de ses disciples. Elle est comme la porte qui ouvre la voie de la vertu. L’ordre anciennement suivi dans les études n’est plus connu à présent que par ce livre, qui heureusement nous a été conservé, et par le Liun iu et les écrits de Meng tzeu, qui sont venus ensuite. Certainement, le disciple de la sagesse qui commencera par l’étude de ce livre ne sera pas exposé à s’égarer. »

LI KI ( Liji ) Mémoires sur les bienséances et les cérémonies I :
1. Dans les Petites règles de bienséance il est dit : Que toujours vos sentiments soient respectueux, votre maintien grave comme celui d’un homme qui réfléchit, vos paroles préméditées et pesées à loisir ; et vous rendrez vos sujets paisibles et contents.
2. On doit se garder de laisser l’orgueil grandir dans le cœur, les désirs suivre leur libre cours, la volonté se satisfaire pleinement, la joie atteindre son plus haut degré.
3. Le sage unit le respect à la familiarité, l’affection à la crainte respectueuse. Il reconnaît les défauts de ceux qu’il aime, et les bonnes qualités de ceux qu’il a en aversion. S’il amasse des biens, il sait les distribuer aux indigents. S’il aime un objet, il sait le quitter (quand la raison le demande).
4. En face d’un avantage pécuniaire, ne violez pas la justice pour l’acquérir ; en face d’un malheur, ne contrevenez pas au devoir pour l’éviter. Dans les petits différends, ne cherchez pas à triompher. Dans les partages, ne réclamez pas plus qu’il ne vous est dû.
5. Dans le doute, n’affirmez pas. (Lorsque vous êtes certain), exprimez votre jugement ; mais ne le donnez pas comme étant le vôtre ; (par modestie, donnez-le comme étant celui d’un autre plus éclairé que vous).
6. Lorsque vous êtes assis, imitez la gravité du représentant d’un défunt ; lorsque vous êtes debout, (tenez-vous respectueusement incliné) comme celui qui s’est purifié (et offre un sacrifice).
7. Pour le cérémonial, conformez-vous aux exigences (du temps et des circonstances). Chargé d’une mission (dans un pays étranger), suivez les usages (de ce pays).
8. Les règles de bienséance servent à déterminer (les devoirs envers) les proches parents et les parents éloignés, à distinguer les choses qui sont semblables en apparence, à éclaircir les doutes, à discerner les ressemblances et les différences, à reconnaître le vrai et le faux (ou le juste et l’injuste).
9. Ces règles défendent de chercher à plaire par des moyens blâmables, et de prodiguer les paroles.
10. Elles défendent aussi de dépasser les limites prescrites, d’empiéter sur les droits des autres, de leur manquer de respect, d’être trop familier (ou d’aimer la familiarité).
11. Se perfectionner soi-même et mettre en pratique les maximes (que l’on professe), cela s’appelle se bien conduire. Une conduite bien réglée, un langage conforme à la raison constituent la partie essentielle des devoirs de bienséance.
12. En matière de bienséance, on entend dire que l’homme vertueux est pris pour modèle ; mais on n’a jamais entendu dire qu’il ait tâché d’attirer les autres (pour leur servir de modèle). On entend dire que le disciple va s’instruire (auprès du maître) ; mais on n’a jamais entendu dire que le maître soit allé enseigner le disciple. (C’est au disciple de chercher un maître et d’aller recevoir ses leçons, et non au maître de chercher à attirer des dis-ciples ni d’aller leur donner ses enseignements).
13. L’accomplissement du devoir, la vertu intérieure, la bienveillance, la justice ne peuvent atteindre leur perfection sans le secours des règles de bienséance.
14. Sans ces règles, l’enseignement par l’exemple et par la parole, pour réformer les mœurs, ne peut être complet.
15. Sans ces règles, il est impossible de discerner le juste de l’injuste, le vrai du faux, et de terminer une querelle ou un débat.
16. Sans ces règles, (les devoirs mutuels) du prince et du sujet, du supérieur et de l’inférieur, du père et du fils, du frère plus âgé et du frère puîné ne peuvent être déterminés.
17. Sans ces règles, un jeune homme qui apprend à exercer une charge, un étudiant (quel qu’il soit) ne sera pas uni d’affec-tion avec son maître. (Si le maître et l’élève n’observent pas entre eux les convenances, ils n’auront pas d’attachement l’un pour l’autre, et l’enseignement sera peu profitable).
18. Sans ces règles, les maîtres des cérémonies à la cour, les 6 officiers dans les armées, les officiers civils chargés d’appliquer les lois, n’inspirent ni crainte ni respect.
19. Sans ces règles, au temps des supplications, (les actions de grâces et des différents sacrifices, (les victimes, les pièces de soie,...) ne sont pas offertes aux esprits avec une intention parfaite ni un maintien respectueux.
20. Pour ces raisons, le sage est respectueux extérieurement et intérieurement, se tient toujours avec soin dans les limites prescri-tes, se met au-dessous des autres et leur cède volontiers ; par ce moyen il met en lumière (et enseigne) les règles de bienséance.
21. Un perroquet pourra apprendre à parler ; il ne sera jamais qu’un oiseau. Un singe pourra apprendre à parler ; il ne sera ja-mais qu’un animal sans raison. Si un homme ne garde pas les bienséances, bien qu’il sache parler, son cœur n’est-il pas celui d’un être privé de raison ? Les animaux n’ont aucune règle de bienséance ; aussi le cerf et son petit s’approchent de la même biche (pour s’accoupler).
22. C’est pourquoi les grands sages qui ont surgi dans le monde, ont formulé les règles de bienséance pour enseigner les hommes, et les aider à se distinguer des animaux par l’observation des convenances...

LI KI ( Liji ) Mémoires sur les bienséances et les cérémonies II :
1. D’après ce que j’ai appris, celui qui désirait se présenter pour la première fois devant un homme distingué, (s’il était d’un rang moins élevé), disait :
- Un tel désire vivement que son nom soit prononcé devant l’officier qui communique les ordres du maître de la maison.
Il ne pouvait pas se permettre d’aller jusqu’à nommer le maître de la maison. Si c’était un égal, il disait :
- Un tel désire beaucoup voir (l’officier qui communique les ordres du maître de la maison).
Un homme qui faisait rarement visite, (s’il était d’un rang inférieur), disait aussi :
- (Un tel désire beaucoup que) son nom soit prononcé (devant l’officier qui communique les or-dres du maître de la maison).
Celui qui faisait souvent visite, (qu’il fût d’un rang inférieur ou non), ajoutait à sa formule : « Ce matin ou ce soir. »
Un aveugle (un musicien) disait :
- Un tel désire que son nom soit prononcé (devant le ministre du maître de la maison).

ENTRETIENS de Confucius et de ses disciples (Louen yu, Lunyu) III :
I.1. Le Maître dit :
— Celui qui cultive la sagesse et ne cesse de la cultiver n’y trouve-t-il pas de la satis-faction ? Si des amis de la sagesse viennent de loin recevoir ses leçons, n’éprouve-t-il pas une grande joie ? S’il reste inconnu des hommes et n’en ressent aucune peine, n’est-il pas un vrai sage ?

I.2. □ ■ Iou tzeu dit :
— Parmi les hommes naturellement enclins à respecter leurs parents, à honorer ceux qui sont au-dessus d’eux, peu aiment à résister à leurs su-périeurs. Un homme qui n’aime pas à résister à l’autorité, et cependant aime à exciter du trouble, ne s’est jamais rencontré. Le sage donne son principal soin à la racine. La racine, une fois affermie, donne naissance au tronc et aux branches. L’affection envers nos parents et le respect envers ceux qui sont au-dessus de nous sont comme la racine de la vertu.

I.3. Le Maître dit :
— Celui qui par des discours étudiés et un extérieur composé cherche à plaire aux hommes ruine ses vertus naturelles.
..

TCH’OUEN TS’IOU et TSO TCHOUAN (Chunqiu Zuozhuan) tome 1
La Chronique de la principauté de Lòu
IN KOUNG (avant JC) 721 — 711

...Selon K’òung Ìng tă, les remparts de la capitale de l’empire avaient, à chacun des quatre côtés, 540 tchéu ; ceux de la capitale d’un kōung prince du premier rang, 420 ; ceux de la capitale d’un heôu prince du deuxième rang ou d’un pě prince du troisième rang, 300 ; ceux de la capitale d’un tsèu prince du quatrième rang ou d’un nân prince du cinquième rang, 280. Le prince de Tcheng était du troisième rang pě. Les remparts de sa capitale n’avaient que 300 tchéu de chaque côté de la ville. Les règlements ne permettaient pas, même à ses plus grands vassaux, d’avoir des remparts de plus de cent tchéu.
Tchouang koung répondit :
- Kiang cheu a voulu que King fût donné à Touan. Comment aurais-je évité ce danger ?
Tchoung de Tchai reprit :
- Kiang cheu saura-t-elle jamais se contenter ? Le mieux serait d’arranger cette affaire convenablement sans tarder ; et de ne pas laisser Touan étendre sa puissance. S’il étend sa puis-sance, il sera difficile d’y mettre obstacle. L’herbe qui s’est propagée sur une grande étendue ne peut pas être extirpée. Le frère du prince, étant le favori de sa mère, pourra encore moins être mis de côté.
Tchouang koung répliqua :
- S’il commet beaucoup d’injustices, il se perdra infailliblement lui-même. Pour le moment, Seigneur, attendez les événements.

tome 2 - tome 3

LAO-TZEU, LIE-TZEU, TCHOANG-TZEU (Laozi, Liezi, Zhuangzi)
Les pères du système taoïste

Lao-tzeu, le Vieux Maître, fut un contemporain de Confucius, plus âgé que lui d’une vingtaine d’années. Sa vie s’écoula entre les dates 570-490 probablement (les dates de Confucius étant 552-479). Rien, de cet homme, n’est historiquement certain. Il fut bibliothécaire à la cour des Tcheou, dit la tradition taoïste. Il vit Confucius une fois, vers l’an 501, dit encore la tradition taoïste. Las du désordre de l’empire, il le quitta, et ne revint jamais. Au moment de franchir la passe de l’Ouest, il composa pour son ami, le préposé à la passe Yinn-hi, l’écrit célèbre traduit dans ce volume. Cela encore est tradition taoïste. Dans la très courte et très insignifiante notice qu’il lui a consacrée vers l’an 100 avant J.-C., Seuma-ts’ien dit que, d’après certains, le nom de famille du Vieux Maître fut Li, son prénom commun Eull, son prénom noble Pai-yang, son nom posthume Tan (d’où l’appellatif posthume Lao-tan). Mais, ajoute le célèbre historien, lequel fut, comme son père, plus qu’à moitié taoïste, « d’autres disent autrement, et, du Vieux Maître, on peut seulement assurer ceci, qu’ayant aimé l’obscurité par-dessus tout, cet homme effaça délibérément la trace de sa vie. » (Cheu-ki, chap. 63). — Je n’exposerai point ici la légende de Lao-tzeu, ce volume étant historique.
Lie-tzeu, Maître Lie, de son nom Lie-uk’eou, aurait vécu, obscur et pauvre, dans la principauté Tcheng, durant quarante ans. Il en fut chassé par la famine, en l’an 398. A cette occasion, ses disciples auraient mis par écrit la substance de son enseignement. Ces données reposent aussi uniquement sur la tradition taoïste. Elles ont été souvent et vivement attaquées. Mais les critiques de l’index bibliographique Seu-k’ou ts’uan-chou, ont jugé que l’écrit devait être maintenu.
Tchoang-tzeu, Maître Tchoang, de son nom Tchoang-tcheou, ne nous est guère mieux connu. Il dut être au déclin de sa vie, vers l’an 330. Très instruit (Seuma-ts’ien, Cheu-ki, l.c. appendice), il passa volontairement sa vie dans l’obscurité et la pauvreté, bataillant avec verve contre les théories et les abus de son temps.

TCHOU-CHOU-KI-NIEN
Annales de bambou
Tablettes chronologiques du Livre écrit sur bambou

Confucius
Confucius vécut de l’an 551 à l’an 479 avant Jésus-Christ. Vers la même époque, Pythagore apparut dans le monde grec, et c’est dans ce temps, selon toute vraisemblance, que le Bouddha répandit ses enseignements en Inde. Ainsi, aux environs de l’an 500 avant notre ère, l’humanité parvint presque simultanément, en Chine, sur les rives du Gange et dans les îles de la mer Égée, à une maturité intellectuelle qui se manifesta par une floraison de la réflexion philosophique sur toute l’étendue du monde civilisé. Si nous sommes les héritiers de la pensée grecque et si le bouddhisme reprend maintenant une force nouvelle au Siam et au Japon, les idées de Confucius, elles aussi, sont loin d’avoir terminé leur destinée ; depuis 2380 ans que le maître est mort, son autorité ne fut peut-être jamais plus respectée que de nos jours.

Siun-tseu et le confuciisme

(101) L’étude scientifique de la philosophie chinoise est encore bien incertaine. Que de textes encore mal étudiés, quelle divergence d’opinions sur la valeur de presque tous les textes ! Celui-ci est-il authentique, et encore, que veut dire « authentique » ? De celui-là, quelles sont les idées principales, quel progrès marque-t-il dans l’ensemble historique de la réflexion chinoise ? Comment se fait-il que certains systèmes ont été établis, que certaines idées ont été oubliées ? Autant de savants, autant de vues différentes sur des questions de premier ordre. Cependant ces divergences mêmes d’opinion sont pleines de promesses, parce qu’elles prou-vent que nous nous dégageons enfin de la tyrannie de l’interpré-tation chinoise orthodoxe et que nous nous acheminons vers une compréhension des faits plus véritablement historique.
La philosophie chinoise est, avant tout, une philosophie pratique. Certes elle renferme des systèmes ontologiques, des spéculations métaphysiques d’une envergure considérable, c’est là cependant l’exception plutôt que la règle. L’esprit chinois s’intéresse avant tout à un problème de la vie pratique. Le bon gouvernement, voilà le thème qui, d’abord, dès les commencements obscurs de la littérature, occupe la pensée des scribes anonymes, puis, dès l’aube des écoles philosophiques, est agité dans toutes les discussions. Le bon gouvernement, qui jadis fut établi par les ancêtres, fondateurs de la dynastie, comment peut-on le conserver ou, plutôt, le recouvrer ? C’est la conduite personnelle du roi, descendant direct des anciens sages, qui importe. Les anciens surent assurer la paix et la prospérité de leurs sujets : puissent p.373 leurs arrière-neveux imiter de près leurs actes, afin que pareilles causes aient des effets pareils ! Qu’ils se souviennent de leur con-duite dans les cérémonies au temple ancestral, qu’ils les interrogent par les augures, à chaque entreprise. De plus, dans ce peuple agriculteur que furent les anciens Chinois, l’idée s’impose de bonne heure, qu’il y a correspondance directe entre les actions humaines et les phénomènes naturels ; celui qui sait observer le calendrier réglant les occupations propres à chaque saison, comme, sans doute, les anciens l’ont fait, celui-là est sûr du succès dans le monde moral aussi bien que dans le monde physique. La chaleur et le froid, le vent et la pluie viendront tous dans la bonne saison, il y aura paix et prospérité dans le monde, les seigneurs féodaux ne seront pas rebelles ni les fils, désobéissants aux chefs de famille.

LÉGENDES MYTHOLOGIQUES DANS LE CHOU KING
par Henri MASPERO (1883-1945) 1924

Les érudits chinois n’ont jamais connu qu’une seule méthode d’interprétation des récits légendaires, la méthode évhémériste. Sous le prétexte d’en retrouver le noyau historique, ils éliminent les éléments merveilleux qui leur paraissent invraisemblables, et ne conservent plus qu’un résidu incolore, où les dieux et les héros sont transformés en saints empereurs et en sages ministres, et les monstres en princes rebelles ou en mauvais ministres ; et ce sont ces élucubrations qui, mises bout à bout suivant un ordre que diverses théories métaphysiques, surtout celle des cinq éléments, imposaient à la chro-nologie, constituent ce qu’on appelle l’histoire des origines chinoises. Cela n’a de l’histoire que le nom ; en réalité, il n’y a que des légendes, tantôt d’origine mythologique, tantôt venant des temples ancestraux des grandes familles, tantôt émanant des centres religieux locaux, tantôt récits d’origine en partie au moins savante, élaborés pour expliquer un rite, tantôt simples contes empruntés au folklore, etc. Tous ces fantômes doivent disparaître de l’histoire de Chine, dont ils encombrent les débuts ; au lieu de s’obstiner à rechercher sous la forme légendaire un fond historique inexistant (1), il faut chercher au contraire à retrouver le fond mythologique ou le conte populaire sous le récit pseudo-historique. Le Chou king est rempli de légendes purement mythologiques qui sont ainsi interprétées historiquement ; si toutes ne sont pas faciles à reconnaître, certaines d’entre elles, connues par d’autres textes, se laissent assez aisément déceler. J’en étudierai ici quelques-unes, parmi celles dont le caractère se présente avec le plus de netteté (2).

http://parolesdesjours.free.fr/lectures.htm


 



 














 






 

 

 

Retour

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour à la galerie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Contacter

psychanalystes

Amendements

Alphabets

La page grecque

Liens persos

Pétitions

 

 

 

haut

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L'effet freudien est une association loi 1901.