Emmanuel Bing
Psychanalyste
La grange aux dîmes
1 rue du 11 novembre
77540 Voinsles
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Emmanuel Bing Enfer
Ecrits :

Emmanuel Bing La nuit d'Hécate
2000
Huile sur toile, technique au couteau, pinceau, grattages.
La nuit d'Hécate
au centre femme morcelée
morcellement et déchirement du féminin
morcellement et architecture
d'elle-même recomposée
soudée d'elle-même
vitrail de peau
ici montre malgré le morcellement
ce qui la tient entière
morcellement et transparence
là où se croisent les routes
transparence du pont
elle est en elle-même Hécate le passage
la route même qui mène à l'autre
la route même qui mène à soi
pont entre les mondes
pont entre les générations
pont entre les âges et les millénaires
Babylone ancienne
Sumer et ses Dieux
écriture écriture
souvenance de Babel et des langues
ziggourat ultime touchant au ciel
aux dieux
la chambre noire tout en haut
où de jeunes vierges s'ouvrent
aux désirs des vieux prêtres
tour carrée aux lumières jaunes
dans la nuit de Babylone
disque solaire et rouge profond
tout à la fois Râ, et dieu Inca
au delà de l'horizon
au delà de la ville même
comme souvenir du soir
s'y confond le premier triangle
celui de l'élévation
celui du spirituel
devant la ville céleste et maure
et céleste
les dômes d'or en accueil des dieux
en accueil des hommes
en appels des soleils puissants et jaunes
en appel des soleils puissants et d'or
déjà déjà
prémices silencieux et larges
des villes d'or
s'entrecroisent dans la ville céleste
les flèches gothiques des cathédrales
gothique flamboyant de Verneuil sur Avre
et des autres tours
les dômes et les églises
et les mille et trois tours de Moscou
d'où je tiens le goût de Blaise Cendrars,
du transsibérien,
de la petite Jehanne de France
enfin la ville gothique
souterraine et nocturne
la ville cathédrale et de pierre grise et folle
la ville traversée d'Hécate
la ville sonore et chaude
sous la pierre froide
l'accueil du matin et plus bas la ville maure
l'entrée par Mabbot street du quartier des bordels (Ulysse, James Joyce) qui forme l'entrée de la ville basse, comme s'il y avait une médina assez cosmopolite pour mêler Paris, Bagdad, Dublin
il y a cet homme
enfin sorti de l'enfer qui rougeoie
accroché aux griffes de l'inconscient
aux morsures de l'ensoi
et qui regarde Hécate
et le second triangle
celui de la féminité et de la vie
elle est celle qui le sauve
celle qui lui doit
celle qui veut bien
celle qui sait et qui saura
le faire passer
celle qui mène la vie du monde
et qu'il regarde et désire
tout est affaire de désir
il se sort des griffes de l'inconscient
et regarde l'espoir
à côté d'elle le troisième triangle
celui du masculin
celui de la beauté du désir
de la tension et de l'affirmation de soi
celui qui pénètre
à la fois la femme et la ville
à la fois Hécate et la vie
à la droite d'Hécate
un poisson dans l'eau bleue
creusé dans l'eau comme sa mémoire
retourné comme pour la parole
dire le nouveau et l'inconnu
l'inconnu qu'est Hécate pour l'homme
l'inconnu qui effraie
l'inconnu que l'on doit affronter
pour traverser le pont et vivre
l'inconnu que l'on doit affronter pour entrer dans la vie comme un homme libre
et tout au fond de l'eau
les fantômes des vieux temples
et les griffes noires et anciennes
des grandes peurs abolies.
© Emmanuel Bing ; 2004
Autrement vue
que par ses chiens
Les chiens et les loups lui sont consacrés, dans la nuit hurlante et dans le mystère de leurs voix et de leur faim. Mais il est d'autres visages, et ceux-là mêmes, chiens et loups nocturnes ou crépusculaires, parfois sont au repos, parfois bienveillants, ceux-là mêmes sauvent.
Le regard dans le ciel, et l'astre, lune symbole des pays de l'orient, de la nuit, du voyage, de la femme, et le soleil, même pour tous lui aussi, homme aussi, solaire, rayonnant, me mettait en rapport avec mon père lointain, et sa parole : « le jour de ton anniversaire, je lève les yeux vers le soleil, et je pense à toi. Je sais, ce jour là, que toi aussi, tu le regardes. Le soleil, pour tous, unique et même. »
La nuit est le moment de la création, le moment de la chaleur des lieux, des lumières jaunes, des souterrains lumineux et mystérieux, chauds et propices.
Les triangles et les astres qui composent certaines lignes de force de la toile symbolisent, si l'on peut dire, quelque chose de cette vibration ténue du monde, qui de l'orient à l'occident, du nadir au zénith, trace dans les âmes comme un lien universel.
Une vraie langue de papa ?
Bouge dès qu'on la touche ! Articulée. Étanche dans le bain. Pour fille ou garçon. Salive vendue séparément. Indétectable.
Autour un canard de bain, un biberon, une serviette éponge.
Puis, inséré dans une carte noire type bancaire : à ce jeu là, les enfants sont toujours perdants. On ne le leur fait pas dire. Au jeu de leur publicité, les enfants sont encore perdants. Et que dire des papas ?
Au titre de quelle liberté d'expression se donne-t-on le droit encore de détruire l'image paternelle déjà fort explosée dans les inconscients modernes ? Le droit à la bêtise ? La publicité parue dans Le Monde de ce 11 février est une ignominie. Qu'aurais-je à dire si d'aventure ma fille tombait sur cette démonstration de débilité et d'incompétence de l' ,
Cette pub paraît-il s'adresserait aux adultes, comme si le regard d'un enfant ne pouvait tomber dessus, et s'y laisser berner, au premier degré, “papa c'est vrai qu'il vendent des langues de papa, j'ai vu la pub”. Est-ce que c'est de la provocation ? Est-ce que, en tant que provocation, l'on peut estimer que cette publicité atteint son objectif ?
La provocation est une arme dont je ne perçois ni le sens, ni l'intérêt, dès lors qu'elle n'emballe plus qu'elle même, laisse ce goût amer de l'agression, le placage traumatique de l'image limite dans l'inconscient, jouant dangereusement du côté de la jouissance dans la pulsion de mort.
L'image n'éveille pas les consciences, mais le dégoût, le dégoût profond pour le publicitaire bizarrement anonyme qui a imaginé cette campagne, et le dégoût pour les imbéciles patenté de cette association qui a accepté une telle horreur avec une telle désinvolture.
Le discours abruti d'une responsable, entendu à la radio (France-Info), au moment où pour une fois le Bureau de vérification de la publicité faisait de la censure, qui annonçait que cela s'adressait aux adultes et non aux enfants se soutient d'un déni tout aussi pervers que ce qu'elle dit dénoncer ; les codes sont ceux de la publicité pour enfants, et de ce fait même cette publicité s'adresse aux enfants.
Qu'il faille défendre les victimes d'inceste ne fait pas de doute. Il faut aussi défendre ceux qui n'en sont pas victimes de telles agressions.
La mise en doute permanente du cercle familial est extrêmement déstabilisante, la volonté de dénoncer les pères (sous le vocable “papa”) sans tenir compte des responsabilités des mères est à interroger du côté des intentions parricides des auteurs.
Que reste t-il ? Le mépris, le dégoût et la rage de voir la toute puissance du discours pervers submerger l'éthique des sociétés modernes.
© Emmanuel Bing - 11 février 2005
Subjectivation subversive :
http://www.revuepassages.fr/
Il existe aujourd'hui une confusion entre savoir et sanction du savoir. Une confusion entre savoir faire et savoir être. L'abolition du sujet par sa captation dans une norme correspond à l'intention politique qui sous-tend la volonté de légiférer sur la psychanalyse. La psychanalyse est une pratique subversive. Parce qu'elle engage le sujet à se révéler en tant que tel, la psychanalyse est un frein au conditionnement de masse.
La psychothérapie peut s'enseigner, ses techniques, ses postulats, ses textes. Mais cela n'a de sens que dans la diversité, et dans la liberté. Il n'y a pas de norme possible à quoi la psyché devrait se conformer. La psyché ne peut vivre que dans le mouvement et la création, l'entreprise de normalisation ne peut que l'étouffer. La psychothérapie en tant que discipline unique, univoque, codifiée, n'existe pas.
Définir le bien de l'autre d'une façon générale est en soi une absurdité. Il n'est de vérité du bien que particulière. Une quelconque pratique psychothérapeutique dont la visée est le bien du patient pose la question du jugement et de la norme, de cet autre qui, lui, saurait ce qu'est le bien pour le patient. C'est tout au contraire la chute de ce fantasme qui permet au patient de passer, de revenir à sa condition de sujet. Il est exorbitant le pouvoir de celui qui décide du bien pour l'autre. Chaque personne doit pouvoir se dissocier de l'identité de patient. C'est ce processus qui permet la subjectivation. Être soi.
La psychothérapie et la psychanalyse sont des pratiques différentes, non seulement en termes de techniques, mais en termes d'objectif. L'amalgame qui a été fait par certains que la psychanalyse serait une psychothérapie est un contresens absolu. La psychothérapie reste du côté de la suggestion, de l'apport de contenu à la psyché de l'autre. La psychanalyse, dans sa théorie et sa pratique, n'amène pas de contenu, mais révèle le dispositif psychique du sujet. Il y a dans ces deux pratiques presque une opposition, disons une opposition éthique. Pourquoi donner des préférences et des jugements absolus ? Toute forme d'embrigadement est soupçonnable. Toute défense rigide d'une chapelle est à interroger.
La volonté d'évaluer les pratiques psychanalytiques et psychothérapeutiques masque un désir de pouvoir sur les âmes, un désir de conditionnement, un désir d'enfermement de l'autre, de privation du désir. Nous sommes des êtres désirants. Se soutenir de son désir est ce qui fonde l'équilibre dans le social. La volonté d'évaluer le champ psychanalytique est un désir d'annexion de l'autre. Il n'est possible d'évaluer la pratique analytique qu'au prix de la tuer. La mise en place d'un quelconque processus d'évaluation de type universitaire, ou clanique, s'agissant des écoles, est une négation de la liberté dont la psychanalyse a besoin pour être et croître.
© Emmanuel Bing 2004
Stages : http://bing.club.fr/atelier/Atelier.html
Les séances et stages ont lieu généralement à Paris,
dans le 15e arrondissement,
M° La-Motte-Piquet-Grenelle.
Certains ateliers ou stages ont lieu
à La Grange aux Dîmes.
Vous pouvez également prendre contact avec Marie Vasseur au :
01 42 01 74 35
Peinture : diaporama
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compteur placé le 20 juin 2005
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