peintre et počte thanh thang ly
   
 
 

 

Marguerite DURAS
Gia-Dinh 4 avril 1914 – Paris 3 mars 1996

 



Sans Dieu la mère.
Sans maître.
Sans mesures. Sans limites, aussi bien dans la douleur qu’elle ramassait partout,
que dans l’amour du monde.

(mars 1963 Réalités - Duras avec Suzanne Koapit)

Peut-être ne fallait-il pas dire,
ne fallait-il pas savoir…
«que les mots avaient un poids immense, qu’on pouvait parfois jouer avec le temps et gagner la partie ».


Peut-être ne fallait-il pas le dire,
ne fallait-il pas l’écrire…
car cette traversée contre le temps ne se serait pas tant étendue car dans le havre des chagrins le désir devenu transparent accosta aux bords d’un sourire… dans l’odeur mouillée d’une mousson perdue :
Gibraltar, un marin.


Peut-être ne fallait-il pas le dire,
ne fallait-il pas l’écrire…
car cette arôme de sang était grise car sa chance était une brume d’hiver… à s’égarer dans les canaux vert et or d’un masque de carnaval à danser sur une mélodie de promenade fiancée à l’horizon mandarine :
une certitude ambulante d’un mendiant.


Peut-être ne fallait-il pas le dire,
ne fallait-il pas l’écrire…
car une vie ne se mélange pas à une vie car seuls les nuages sont à se confondre sans crainte … pour une averse d’émois de février dans le trouble d’une après-midi des images jaunies d’un souvenir :
un barrage contre un sentiment du Pacifique.


Peut-être ne fallait-il pas le dire,
ne fallait-il pas l’écrire…
car la bise de l’oubli s’est posée sur les lèvres car la gêne étreinte s’est retrouvée étrangère dans les regards… au devant de ces mains orphelines d’un secret :
une princesse devenant eau de lagune.


Peut-être ne fallait-il pas le dire,
ne fallait-il pas l’écrire…
car cette histoire contre la vie ne peut pas mourir car elle n’a été que paroles échangées et gravées dans la peau d’un murmure balbutiant une promesse… à ne pas vouloir faire n’importe comment :
et pouvoir l’habiter d’une éternité.


Peut-être ne fallait-il pas le dire,
ne fallait-il pas l’écrire…
car cette fiction se devait d’être clandestine car elle se devait d’être tue pour ne pas être prise dans les flux et reflux des imaginaires, elle se devait de ne pas être… pour exister :
et la chose ainsi enfouie dans ce qui s’appelle une réalité.

Peut-être ne fallait-il pas dire,
ne fallait-il pas savoir…
et dans les miroirs annamites de ces villes tropiques méconnaissables on se cache… pour n’être pas ce qui a été, pour avoir à garder précieux ce qui fut désormais enseveli :
Indochine mon Hiroshima.


pour A.
Décembre 2003
Ly thanh thang

 

un jour avec les nuits

un jour avec les nuits
comme l’eau avec le sable
comme le sable avec le vent

tout ne sera plus

lentement attentivement à tenir
après ce pas d’hier sonnant encore
d’une immensité au-delà

la chute gravée du bruit
des jours brisant la destinée
muette d’une chair

une voix d’eau avec les sables
une chair de sable avec les vents
et voilà la parole ensevelie

il n’y a rien à raconter

sous l’alphabet de vacarme
après cette lettre tracée
future serrée contre l’avenir

il n’y a jamais rien eu
d’autre que l’instant
d’avoir trompé la vie

de la fiction restée
vive de ce retour
sourde d’une histoire

de la mort je suis veuf
à contenir l’oubli
j’ai remis l’amour

à l’éternité aimable

Ly thanh thang March 2005
Le Bout du Village Lussan Adeilhac
31430 France

 

 

 

 

 

 

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one nightly day

once before this nightly day
as water inside the dusty sand
as sand flying away into wind

anything will not being

in a closely slowness
rising by this past step
beyond the infinity

the falling days breaking
down in the flesh talking
to its mute destiny

a water voice from sands
a sand flesh from winds
as a vanished speech

nothing ever told about

in an alphabetical row
of words engraving
a leterring facing

nothing will only being
to lie expressly about
this existing life

this lively fiction
going back home
from a muted story

so widowhood took away
the long remembered
dead act in love

to all the endless eternity

Ly thanh thang March 2005
Le Bout du Village Lussan Adeilhac
31430 France

 

 
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